‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 137 sur 197 · LA DETTE DE L HUMANITÉ · texte numérisé non relu

LA DETTE DE L HUMANITÉ

Un jeune peintre arrivé à Modèue, et manquant de tout, pria un gagne-pelit de lui trouver un gîte à peu de frais, ou pour l'amour de Dieu. L'artisan , qui était garçon , lui offrit la moitié du sien. On cherche en vain de l'ouvrage pour cet étranger ; son hôte ne se décourage point, il le défraie et le console. Le peintre tombe malade ; l'autre se lève plus matin et se couche plus tard, pour gagner davantage, et fournit en conséquence aux besoins du malade, qui avait écrit a sa famille. L'artisan le veilla pendant tout le temps de

sa maladie qui fut assez longue, et fournit à toutes les dépenses nécessaires. Quelques jours après la guérison , l'étranger reçut de ses parens une somme d'argent assez considérable , et courut chez l'artisan pour le payer. Non, monsieur, lui répondit son généreux bienfaiteur. C'est une dette que vous avez contractée envers le premier honnête homme que vous trouverez dans l'infortune. Je devais ce bienfait à un autre; je viens de m' acquitter. N'oubliez pas d'en faire autant dès que l'occasion s'en présentera.

L'ABII FIDELE.

Un homme respectable , après avoir joué un grand rôle "a Paris, y vivait dans un réduit obscur, victime de l'infortune, et si indigent, qu'il ne subsistait que des aumônes de la paroisse. On lui remettait chaque semaine la quantité de pain suffisante pour sa nourriture. H en fit demander davantage. Le curé lui éerit pour l'engager à passer chez lui : il vient. Le curé s informe s'il vit seul. Et avec qui, monsieur, répondit-il , voudriez-vous que je vécusse? Je suis malheureux, vous le voyez, puisque j'ai recours à la charité, et tout le monde m'a abandonné, tout le monde! — Mais, monsieur ^ coalinua le

curé, si vous êtes seul, pourquoi demandez-vous plus de pain que ce qui vous est nécessaire? L'autre paraît déconcerté. 11 avoue avec peine qu'il a un chien. Le curé ne le laisse pas poursuivre. 11 lui fait observer qu'il n'est que le distributeur du pain des pauvres, et que Ihonnêteté exige absolument qu'il se défasse de son chien. Eh! monsieur, s'écrie en pleurant l'infortuné, si je m'en défais, qui est-ce qui m'aimera? Le pasteur attendri jusqu'aux larmes , tire sa bourse et la lui donne, en disant ; Prenez, monsieur, ceci m'appartient.

LA BERGÈRE BIENFÂISARTE ,

Imité d'une Idylle de Gessner, intUutée Ménalque et Alexis.

PERSONNAGES

BABET , jeune bergère de dix ou douze ans. FANCHETTE, sœnr de Babet, âgée de six on sept ans.

LA MÈRE de Babet et de Fanchette , paysanne

encore jeune.

UN VIEILLARD de campagne , mal vêtu.

La scène est dans on bois.

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