‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 140 sur 197 · SCÈNE liï · texte numérisé non relu

SCÈNE liï

LA MÈRE et FANCHETTE , de loin , sans se montrer ; BABET.

LA MÈRE , à haute voix. — Babet ! Babet!

FA>CHETTË, à haute voix aussi. — Ma sœur ! ma sœur !

LA MÈRE. — OÙ es-tu , ma fdle ? où es-tu , Babet ?

BABET , allant vers la voix. — Ici , maman.

LA MÈRE. — Par où?

BABET. — Par ici. ( La mère paraît, tenant Fanchette par la main. Elle porte une terrine à anse et une cuiller dedans. Fanchette porte un petit panier oit sont du pain et des pommes. )

LA MÈRE. — A la fin te voila ; j'ai eu de la peine à te trouver ; comme tu as chaud ! ah ! vous avez couru , ma fille !

BABET. — Maman , je cherche Robine ; Robine est perdue.

CHOIX DB LECTURES

FANCHETTE. — Noo , ma sœoT , elle est à la maison.

BABET. — Comment I à la maison 1

LA MÈRE. — Oui ! à la maison ; elle est revenue toute seule.

BABET. — J'étais bien inquiète , toujours. ( A Fancliette.) Oui ! tu lui donnes toujours du pain , c'est pour cela qu'elle me quitte.

LA MÈRE. — Elle avait faim , tu dois avoir faim aussi , toi. Tiens, voilà ton dîner que je t'apporte : repose-loi , mon enfant. Et toi, Fancliette, voilà ton ouvrage, travaille. {On s'assied sur L'herbe: Bahet emporte son dîner et va le porter sans faire de bruit auprès du vieillard qui dort toujours. )

FANCHETTE, en montrant son ouvrage.

— Maman, voilà qui ne va pas bien.

LA MÈRE, en prenant l'ouvrage. — Voyons. {Babet revient guetter à travers les branches , prend de petits morceaux de terre et tâche de les jeter sur les mains du vieillard. )

BABET, après avoir attrapé la main du vieillard. — Il croira que ce sont des feuilles qui seront tombées. ( Le vieillard fait le mouvement d'une personne qui s'éveille : Babet marque de la joie.)

LA MÈRE, àFanchetle. — Cela ira bien à présent ; continue : mais ta petite folle de sœur , où est-elle encore allée ? Pourquoi ne pas dîner auprès de nous? Regarde, Fancliette, si tu la vois. (Fanchette cherche j aperçoit sa sœur et revient. )

BABET , avec dépit. — Il regarde de l'autre côté.

FANCHETTE , rev&xant à sa m'ere. — Maman , elle est là tout près. La voyezvous ? elle guette à travers les branches.

LA MÈRE, à Fanchette. — Je ne m'étonne plus qu'elle oublie son dîner ; c'est quelque nid qu'elle aura découvert.

FANCHETTE , avcc transport. — Un nid ! c'est bon , maman , voyons aussi.

LA MÈRE. — Puisqu'elle n'a pas voulu nous le dire , il faut l'attraper : ne fais pas de bruit ; passons de l'autre côté. {La mère et Fanchette passent par derrière la scène. )

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