SCÈNE IV
Les acteurs précédens, m. delmas père.
M. DELMAS. — Eh bien ! voilà donc les deux habits d'été qu'on a tirés de l'armoire si redoutable. Est-ce Delmas qui les a été chercher? (// examine l'habit.) Mais n'en voilà qu'un, pourquoi cela?
LE CADET. — c'est le mien, mon papa, que j'ai été chercher moi-même tout seul ; mon frère n'ose pas entrer dans la chambre de maman, et aller tout seul jusqu'à l'armoire.
M. DELMAS , à l'aî)ié. — Mais de quoi as-tu donc peur dans cet appartement, quand tu vois que ton frère en vient tout seul , sans avoir rien vu ni entendu?
l'aîné. — Oh ! (lame , mou papa , j'ai peur... Saint-Jeau, que vous avez renvoyé parce qu'il me faisait des peurs terribles, m'a raconté tant d'histoires de morts qui reviennent, que je ne peux pas être le maître de n'avoir pas peur.
M. DELsiAS. — 11 fctut pourtant bien que je te guérisse de cette faiblesse-la, et je veux en venir 'a bout en te parlant raison : mettez-vous Ik tous deux ; et vous, la bonne , allez faire vos affaires.
LA GOUVERNANTE. — Jc m'en vals , monsieur: mais je crois que toutes les belles raisons que vous allez employer ne vaudront pas une bonne correction.
M. DELMAS. — Non, labonue, pour celle fois-ci, permettez-moi de u'ôtrepas de votre a vis.
LA GorvEUNANTE. — Vous êles le maître. (Elle sort.)