‹ Œuvres complètes de BerquinChapitre 169 sur 197 · L AMOUR FILIAL MIS A L'ÉPREUVE · texte numérisé non relu

L AMOUR FILIAL MIS A L'ÉPREUVE

Un fameux négociant de Babylone était mort aux Indes; il avait fait héritiers ses deux fiis par portions égales , après avoir marié leur sœur ; et il laissait un présent de trente mille pièces d'or à celui de ses deux fils qui serait jugé l'aimer davantage. L'aîné lui bâtit un tombeau , le second augmenta d'une partie de son héritage la dot de sa sœur. Chacun disait; c'est l'aîné qui aim& le mieux son père ; le cadet

aime mieux sa sœur. C'est à l'aîné qu'appartiennent les trente mille pièces. Le juge les fit venir tous deux l'un après l'autre. Il dit à l'aîné : Votre père n'est point mort , il est guéri de sa dernière maladie; il revient à Babylone. Dieu soit loué , répondit le jeune homme , mais voila un tombeau qui m'a coûté bien cher. Il dit ensuite la même chose au cadet : Dieu soit loué , répondit-il , je vais rendre

CHOIX DE LECTURES

à mon père tout ce que j'ai , mais je voudrais qu'il laissât à ma sœur ce que je lui ai donné. Vous ne rendrez rien , dit le

juge , et vous aurez les trenle mille pièces ; c'est vous qui aimez le mieux votre père.

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