TROISIÈME JOURNÉE
M. DE PAL.MV. — Quelle est donc, mes enfans , cette manière de A'Ous conduire , et qu'avez-vous à vous disputer ?
AUGUSTE. — Mon papa , Charles a pris ma balle, et l'a poussée dans un trou.
M. DE PALMY. — AUons , Charles , il faut aveindre cette balle, puisque tu l'as poussée. Tu sais qu'elle appartient a Auguste ; et il est de la justice que chacun ait le sien.
CHARLES. — Je le voudrais bien . mon papa; mais ce n'est pas ma faute si le trou est si profond. 11 n'est pas possible d'atteindre jusqu'à la balle , même avec les pincettes.
M. DE PALMY. — Cela ne fait rien à Auguste; il ne doit pas souffrir de ce que tu as jeté sa balle dans un trou. C'est toi qui l'as perdue, c'est toi qui doisla rendre ; et si cela n'est pas en ton pouvoir, il faut
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en dédommaî^er ton frère en lui donnant une autre balle qui soit aussi bonne. Daus tous les cas , il doit avoir ce qui lui appartient , ou quelque chose de la même valeur. Tu sais que c'est la justice : as-tu une balle pareille ?
CHARLES. — Oui , mon papa. La voici.
M. DE PAL5IY. — Aui^uste , VOIS S! elle est aussi bonne que la tienne.
AUGUSTE. — Oui , mon papa , c'est la même chose.
jr. DE PALMY. — Eh bien , elle est à toi, pour remplacer celle que ton frère t'a fait perdre. Charles , vous la lui devez justement , puisque vous l'avez privé de la sienne ; il ne doit pas souffrir de votre faute. Si vous aviez fait cela de votre propre mouvement , alors j'aurais dit que vous étiez un enfant juste, qui sait rendre aux autres ce qui leur appartient . sans donner à son père la peine de l'y forcer j car lorsque les enfans ne veulent pas être justes entre eux . ne faut-il pas que leur père fasse justice?
i 'en demeure d'accord .