MARGUERITE
MARGUERITE. — Chers enfans, le ciel m'en est témoin , c'est pour vous surtout que l'indigence me paraissait affreuse: et c'est vous qui me donnez les premières consolations! Que je dois bien plus vous aimer, lorsque vous êtes le seul bien qui me reste I Sans le malheur , je n'aurais pas connu toute votre tendresse. Peutêtre m'aiderez-vous à vaincre mon chagrin, à force de combattre pour vous le cacher. Non , je ne troublerai point de mes plaintes la charmante gaieté de votre âge. (Elle court vers le berceau , en tire l'enfant, le serre entre ses bras , et le regarde avec attendrissement. ) C'est à toi seul que je viendrai dire mes peines , toi qui ne sens rien encore des maux de tes parens. Je puis verser des larmes en ta présence , sans craindre de t'affliger. Heureux enfant! je pleure sur ton sort, et tu me réponds d'un sourire! {Elle l'embrasse avec transport. )