LIVRE I
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ELEGIE IL
C*en est taôt, et mon ame émue Ne peut plus oublier ses traits victorieux.
Dieux! quel objet! Non, jamais sous les deux Bien de si doux ne s'ofirit à ma vue.
Dans ce jardin si renommé Où l'Amour vers le soir tient sa cour immortelle , De cent jeunes beautés elle était la plus belle, Elle effaçait l'éclat du coucbant enflammé.
Un peuple adorateur, que ce spectacle appelle, S'ouvrait à son approche, interdit et charmé : Elle marchait , traînant tous les cœurs après elle > Et laissait sur ses pas Pair au loin embaumé. Je voulus Paborder : 6 fimeste présage!
Ma voix , mon cœur, mes yeux parurent se troubler. La rougeur, malgré moi, colora mon visage; Je sentis fuiv mon ame, et mes genoux trembler. Cependant entraîné dans la lice éclatante Où toutes nos beautés, conduites par l'Amour,
De parure et d'attraits disputent tour-à-tour. Mes regards dévoraient et sa taille élégante. Et de son cou poli la blancheur ravissante ,
Et sous la gaze transparente D'un sein voluptueux la forme et le contour.
Au murmure flatteur de sa robe ondoyante ,
Je tressaillais ; et Taiie des Zéphyrs , En soulevant l'écharpe à son côté flottante, Au milieu des parfums m'apportait les désirs.
Que dis^je? l'Amour, 1* Amour même.
Quel enfant 1 Oui, j'ai cru le voir, Se mêlant dans la foule à la faveur du soir, M'exciter, me pousser par un pouvoir suprême, Remplir mon cœur ému d'un séduisant espoir.
Secouer son flambeau sur la nymphe qu'il aime, Et sous l'ombrage épais , dans un désordre extrême, A mes côtés enfin la forcer de s'asseoir.
O plaisir ! ô transports ! ô moment plein de charmes !
Quel feu tendre animait ses yeux !
Déjà d*un cœur timide, étonné de ses feux, Son silence expliquait les naïves alarmes ; Mais bientôt un soupir me les raconta mieux; Et je sentis mes doigts humectés de ses larmes. Quel son de voU alors , touduint, délicieux » Sortit de ses lèvres de rose !