‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 22 sur 102 · LIVRÉ I · texte numérisé non relu

LIVRÉ I

Qae &is-tu la première au temple de nos dieux ? Pardonne , ô ma jeune maîtresse !

Mon cœur s'inquiète aisément.

Je l'avoûrai; dans ma fougueuse ivresse, Je ne sais point aimer paisiblement.

L*oiseau qui dans ton sein repose mollement , Et de son bec saisit ta langue enchanteresse, D'un enfant au berceau l'innocente caresse, Un baiser de ta sœur alarme ma tendresse , Et désespère ton amant.

Je suis jaloux de l'ouvrier habile Qui de ton corps mesure les contours; Je suis jaloux de ce marbre immobile, Qui tous les soirs te voit changer d'atours : Je suis jaloux de toute la natare ; • Et malheureux, jour et nuit tourmenté, Je crois voir un rival caché dans ta ceinture. Et sous le tissu fin qui voile ta beauté.

Revenez, revenez, doux enfans de Gythère, Ramenez-nous la paix et les aimables jeux; Cachez à mes rivaux mon crime involontaire; Couvrez ces vils combats des ombres du mystère ; Eucharis me sourit , ma grâce est dans ses yeux.

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ÉLÉGIE XVI

Pourquoi reprocher à ma lyre De préluder toujours sur des tons amoureux ? I Je ne saurais former dans mon faible délire De plus mâles accords, ni des chants plus heureux.

Laissons , laissons d'un toI agile L'ambitieux vaisseau fendre les flots amers; D*un timide aviron ma nacelle fragile Doit rasei^umblement le rivage des mers.

Dans nos jours trop féconds en discordes rebelles , Qu'un autre en vers pompeux célèbre les combats; Qu*il chante les héros ; moi je chante les belles , De plus tendres fureurs et de plus doux ébats.

Enfont gâté de la paresse , C'est assez que Ténus me couronne de fleurs; C'est assez que l'amant me lise à sa maîtresse; Qu'ils m^accordent ensemble un sourire ou des pleui Ah ! si d'un tendre amour la fille un jour éprise Me consulte en secret sur son trouble naissant,

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