‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 21 sur 102 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Plus de palais , et de jardins ouverts , Que n*en eut Rhode, et Corinthe, et Mycène.

Son cœur enfin ne saurait me tromper.

C'est pour moi seul qu'dle veut être belle ; G*est toujours moi que l'on garde à souper.

Mes fiers rivaux alors ont beau frapper.

Heurter, gémir, et la nommer cruelle ; On n'ouvre point : je suis seul avec elle , Mourant d'amour, et d'orgueil enivré.

O mes amis, dans son temple sacré.

Courons en foule adorer la déesse Qui des amans me décerne le prix I Oui, c'en est fait; ma dernière vieillesse S'écoulera dans le sein d'Eucharis.

Mon Eucharû est à moi dès l'aurore;.

Elle est à moi lorsque le jour s'enfuit :

Au crépuscule, et dans la vaste nuit , Mon Eucharis est à moi seul encore.

ELEGIE XV

A EUCHARIS

Qui? moi! j'ai pu d'un air farouche Te repousser dans mon emportement?

J*ai pu meurtrir tes bras, noircir ton cou charmant, Et blesser sans pitié les roses de ta bouche?

Punis ces dents qui font couler tes pleurs, Je m'of&re, sans défense , à ta juste colère ; N'épargne pas mes yeux , imite mes fureurs :

Je conduirai tes coups si ta main délibère.

Mais pourquoi donc ce rival odieux Rôde-t-il sans cesse à ta porte ?

Pourquoi ces billets qu'on t'apporte Avec un soin mystérieux ?

'Que veut cette foule idolâtre De papillons dorés, d'insectes orgueilleux , Qui bourdonne à ta suite, et t'annonce en tous lieu.\? Que fais-tu la dernière au sortir du théâtre ?

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