‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 42 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Et ces jardins par la Seine embellis; Le Temps, un jour, aux plaines de Versailles , Sous la charrue écrasera les lis.

Ne craignez rien de sa rigueur extrême, O charme heureux de mes derniers beaux jours! Regardez-vous, et songez qui vous aime.

Du ciel le Temps a chassé les dieux même :

Us sont tombés; mais tous vivrez toujours.

ELEGIE II

A CATILIE

Va , ue craius pas qne je l'oublie ,

Ce jour, ce fortuné moment,

Où , pleins d*amour et de folie,

Tous les deux, sans savoir comment ,

Dans un rapide emportement.

Nous fîmes le tendre serment

De nous aimer toute la vie.

Tu n^avais pas encor seize ans; Les jeux seuls occupaient ta naïve ignorance, Tes plaisirs étaient purs, et tes goûts innocens; L'œil baissé, tu voyais avec indifférence S'arrçndir de ton sein les trésors ravissans. De ces dons précieux je t'enseignai l'usage ; Je sentis sous m&s doigts le marbre s'animer ; La pudeur colora les lis de ton visage, Ton tendre cœur s'ouvrit au doux besoin d'aimer.

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