‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 53 sur 102 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

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ÉLÉGIE X

A EUCHARIS

Est-ce bien Touis qui m^écrivez ,

Tous qui seule avez fait ma peine, Et dont mes tristes yeux, de larmes abreuvés, N^ont pu long-temps fléchir ni désarmer la haine?

Dieux ! quels funestes souvenirs Ces traits jadis si chers réveillent dans mon ame ! O douce illusion de ma première flamme! - O tendre emportement de mes premiers plaisirs !

Et quelle est donc votre espérance ?

Tous semblez revenir à moi Après quatre ans entiers d'erreurs et d'inconstance : Vous, qui m'avez trahi , vous réclamez ma foi I

Il n'est plus temps : une autre a ma tendresse, Et m'a fait oublier votre injuste rigueur.

xio LES AMOURS.

Aussi belle que vous, incapable d'adresse.

Son modeste maintien , ses yeux pleins de douceur, Son cœur simple et naïf, sa docile jeunesse , Tout promet à mes feux un retour moins trompeur. C'en est fait, Eucharis; je ne peux plus vous suivre: L*amour ne renaît point; il est mort entre nous. Mais le nœud qui nous reste est encore assez doux; A l'amour qui n'est plus l'amitié doit survivre.

L'amitié vous rendra toujours

Présente et chère à ma mémoire ;

Et quand de ces instàns si courU, Remplis par mon bonheur, mais perdus pour ma gloire

La mort viendra trancher le cours; Quand mes plus chers amis environnant ma couche Pour me cacher leurs pleurs détourneront leurs yeux , Et , retenant mon ame errante sur ma bouche ,

Recevront mes derniers adieux.

Alors peut-être , alors la tendre Catilie ,

En proie au plus cruel chagrin , Ses longs cheveux épars, d'un froid mortel saisie « Pour la dernière fois permettra , sans envie , Que votre main tremblante, aidant sa faible maiii , Soutienne sur son cœur ma tête appesantie.

Mes yeux prêts à la perdre , hélas! et sans retour,

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