LA VENDANGE
A CATILIE
Quels cris dans les airs retentissent !
Quels chants sur ces coteaux d*nn ciel ardent brûlés! Déjà, le thyrse en maini s'unissent Les Faunes aux Sylvains mêlés :
Les fougueux Égypans bondissent , Et sous leurs pas au loin gémissent La terre et les bois ébranlés.
Le front chargé des finiits d'une heureuse vendange^ La bouche teinte encor des raisins qu'il a bus, Et penché sur son char, le dieu vainqueur du Gange Du plus riche des mois nous verse les tributs. Je naquis dans ce mois : voici le jour que j'aime. Daigne encor Tembellir, doux objet de mes vœux l De pampres et de fleurs viens orner mes cheveux ;■
i32 LES AMOURS.
De pampres et de fleurs je t'ornerai moi-même.
Que l'acier brille dans tes mains ,
Qu'à ton bras pende une corbeille ; Et comme on voit la diligente abeille De leurs plus doux parfums dépouiller les jardins,
En te jouant détacbe ces raisins.
De sillons en sillons, cours, poursuis ton ouvrage; Anime d'un souris ces pasteurs empressés.
Qui, dans la vigne dispersés , A peine de leurs fronts surmontent son feuillage. On chante : dans l'osier tombent de toutes parts Ces raisins abondans qu'un sombre azur colore , Ceux dont l'émail pâlit, mais que le soleil dore ; Et bientôt , avec pompe étalés sur des chars , D*un peuple avide , au loin , ils frappent les regards , Encor tout rayonnans des larmes de l'Aurore.
O soins délicieux ! ô fortunés travaux Dont les fatigues même enchantent la paresse !
Cependant du sein des hameaux Il s'éiève un long cri : la troupe , avec vitesse, De leurs derniers présens dégarnit les rameaux ; Le vieillard eu triomphe apporte sa richesse, Tandis qu'im doux muscat, retardant la jeunesse , Pour un seul prix offert anime vingt rivaux, "tuccédez à ces soins, repas simple et rustique,