LE DÉPART
A LA MEME
Non, jamais peut-être à mes yeux Tu n'avais paru si charmante ; Jamais de ta grâce piquante Mon cœur ne fut plus amoureux ; Et cependant, ô ma maîtresse, Il faut m*exiler de tes bras !
Malgré l'excès de ma tendresse , Et le pouvoir de tes appas , n faut quitter ce doux rivage , Ce dair ruisseau , ce frais bocage, Cent fois témoins de notre ardeur ; Il faut laisser tout mon bonheur Et n'emporter que son image.
Sous de funestes étendards
i36 LES AMOURS.
Un devoir importun m'appelle :
Soldat poudreux, aux champs de Mars Je cours, animé d*un beau zèle.
Dans Fart des Guesclins, des Bayards , Et des Bourbons et des Césars, Rejoindre et suivre mon modèle.
Oui, dans huit jours, sous d'autres cieux , En proie aux tourmens de l'absence , Triste et pensif, à tous les dieux Je demanderai ta présence.
Mais toi, de cent jeunes amans, Hélas ! à toute heure entourée , De vœux et d'encens enivrée, Dis-moi, tiendras-tu tes sermens?
O peine! 6 mortelles alarmes!
O triste et rigoureuse loi !
Périssent la gloire et les armes Qui font toujours couler des larmes.
Et qui me séparent de toi !