LES JAKDINS DU PETIT TRIANON
J'ai vu ce désert enchanlé Dont le goût même a tracé la peinture;
J*ai TU ce jardin si vanté Où Part, en l'imitant , surpasse la nature.
O Trianon , puissiez-vous des hivers Ne ressentir jamais les glaces rigoureuses !
Aimable Trianon , que de transports divers
Vous inspirez aux âmes amoureuses I J'ai cm voir, en entrant sous vos ombrages verts,
Le séjour des ombres heureuses.
Quel magique pouvoir de sites gracieux A décoré soudain ces fertiles campagnes; Et dans un cadre étroit , pour le plaisir des yeux , A creusé des vallons, élevé des montagnes.
Et £ait naître un palais de leur front sourcilleux ? Disparaissez , fabuleuses retraites
i38 LES AMOURS.
D*AlciDous et de Sémiramis,
Prodiges nés du cerveau des poètes , Et dans leurs vers menteurs jusques à nous transmis!
Disparaissez, monumens du génie, Parcs , jardins immortels que Le N<ôtre a plantés! De vos dehors pompeux l'exacte symétrie Étonne vainement mes regards attristés.
J'aime bien mieux ce désordre bizarre Et la variété de ces riches tableaux Que disperse l'Anglais d'une main moins avare. Du haut du belvéder mon oeil au loin s'égare, • Et découvre les bois, la verdure et les flots. Là , parmi des rochers de structure inégale Que Neptune a produits d'un coup de son trident , Un torrent écumeux tombe et roule en grondant, Et bientôt lac tranquille au pied des monts s'étale. Ce lac , ces monts sacrés sont au dieu de Délos. Voici le frais Hémus et le riant Ménale; De ce nouveau Tempe le tortueux dédale Sert d'asile à l'enfont qui règne dans Paphos.
O vous qui craignez son empire, Fuyez, fuyez; l'Amour anime ces beaux lieux : Dans ce vallon délicieux C'est lui qu'avec l'air on respire.
De ces sentiers étroits la douce obscurité ,