‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 82 sur 102 · SUR LA PHILIS DE TOUT LE MONDE · texte numérisé non relu

SUR LA PHILIS DE TOUT LE MONDE

Une taille souple et légère A nos rimeurs , Zirphé , ne coûte rien !

Et depuis mille ans , tu sais bien Que leur muse a de droit l'empire de Cythère, Le minois de Vénus , son sourire ou le tien.

Un essaim de Zéphyrs l'environne sans cesse ; Au moindre mouvement parait la volupté ; Paris, en cheveux blancs , vient juger sa beauté ; La pomme échappe, roule, et la voilà déesse !

Faut-il nous crayonner Philis ?

C'est Flore, c'est Hébé que l'on va peindre ensemble : On sème à pleines mains les roses et les lis , Et Ton fait un portrait, Zirphé, qui te ressemble. Vieux Zéphyrs, vieux Amours, traînez-vous loin de moi !. Je bannis et les Jeux , et les Ris et les Grâces ; Je ne veux plus les voir voltiger sur tes traces :

220 A MA ZIRPHÉ.

Il est si doux d'èti'e seul avec toi !

Je veux bien respecter le trône de verdure

Sous des myrtes entrelacés : Mais rendons à Vénus son antique parure ;

Tu n'as jpas besoin de ceinture,

Et la pudeur te couvre assez.

Que sur tes épaules d'albâtre

Tes tresses flottent, si tu veux :

Je n'entends point qu'un dieu folâtre , Plus fortuné que moi, caresse tes cheveux.

Zirphé , je suis jaloux d'embellir ce que j'aime :

Couronnons ton chapeau de fleurs ;

Mais je veux les placer moi-même:

Flore n'en viendra point assortir les couleurs. J'aime assez, il est vrai, ces Philis. éternelles Qui tournent, parmi nous, vingt tètes tous les ans,

Qu'on ne trouva jamais cruelles,

Qui sont bien tendres , bien fidèles, Et n'existant jamais , ont toujours des amans. Ma Zirphé, par exemple, est un peu plus volage ; Et, moins sûr de son cœur , je suis plus alarmé. Mais sa beauté du moins çourit à mon hommage;

Je suis content de mon partage, Zirphé respire, et moi je suis aimé.

A UNE FEMME. aai

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