‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 9 sur 102 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Le marteau sur rairain avait frappé trois heures y U fÎEQlut tristement regagner nos demeures:

La foudre alors grondait sous un ciel orageux. Loin de moi ces amans que Jupiter arrête , Et qui courbent leurs fronts sous ses coups redoublés! D'un œil audacieux défiant la tempête, Je menais fièremeiit ma superbe conquête , Et j'aurais bravé seul tous les dieux assemblés. J'avançais cependant sous cet immense ombrage , Qui couronne en JMdins nos remparts orgueilleux; La maison d*Eucharis frappa bientôt mes yeux. Cet aspect, je l'avoue^ abattit mon courage.

Eh I qui peut se résoudre à ces derniers adieux ? Vingt fois je m'éloignai saisi d*un trouble extrême^ Et vingt fois à ses pieds je revins malgré moL Je lui disais sans cesse : O moitié de moi-même l Je veux mourir, avant de cesser d'être à toi. Après mille baisers , la matineuse Aurore Nous surprit sous les murs de ce fotal séjour. Mes baisers , sur le seuil, la retenaient encore , Et je ne la rendis qu'aux premiers feux du jour..

ELEGIE VII

A EUCHARIS

Ne crains pas qu*à mes c6lés Une autre affaisse ta couche, Ni que ma coupable bouche Caresse d'autres beautés.

Tu me plais seule, â mon âme !

Oui , j*en atteste les dieux , Ce Paris si glorieux , Après toi , n*a plus de femme Qui puisse tenter ma flamme , Et qui soit belle à mes yeux.

La foule en tous lieux te presse , Et murmure autour de toi; Chacun brigue ta tendresse Et veut me ravir ta foi :

Pli\t au ciel que ma maîtresse Ne parût belle qu*à moi !

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