‹ Œuvres complètes de BertinChapitre 98 sur 102 · AUX TURCS · texte numérisé non relu

AUX TURCS

^ ous que jamais Ténus n*a brûlés de ses flammes, ïje la beauté craiutive oppresseurs odieux ,

Dites-moi donc, au nom des dieux,

Pourquoi vous enfermez vos femmes?

I)..' vos goûts dédaigneux esclaves couronnés. Ces objets ingénus des bornes de l'Asie .

s< iQt pour vous tous les ans en triompbe amenés.

Tous dépeuplez la Circassie :

En êtes- vous plus fortunés ?

^'ou3 ne connaissez pas ces transports pleins de cbarmes, Ft la crainte, et Tespoir, et ces jalouses larmes, ('es refus qui toujours irritent le désir, Kt le premier baiser de la bouche qu'on aime,

Ce baiser, gage du plaisir, .

Et plus doux que le plaisir même.

Dans un sérail voluptueux

Où fume l'encens d'Arabie, Couchés sur un sopha , vous recevez les vœux De cent jeunes beautés aux superbes cheveux , Aux épaules d'albâtre, à la jambe arrondie,

3o4 LE CONGÉ.

Vous êtes, entre nous, trop fière

De vos grâces et de vos talens : ^

Vous savez et trahir et plaire ?

Le beau mérite à dix-huit ans !

Flore , Géphise , Églé , madame ,

Ont ces charmes que vous vantez :

Et parmi ces jeunes beautés

Je puis trouver une bonne ame

Qui daigne encor tromper ma flamme

Pour punir vos légèretés.

Ah ! depuis que j*ai cessé d'être

Et votre dupe et votre amant.

Que mon cœur s'est senti renaître!

Que je m'endors paisiblement !

Mon sang circule avec vitesse ,

Et je retrouve ma gai té.

Non, rien , madame , en vérité ,

Rien n*est si bon à la santé

Que de quitter une maîtresse

Ou bien que d'en être quitté.

ROMANCE. 3or»

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