‹ Œuvres complètes de Blaise PascalChapitre 39 sur 78 · VII. EXTRAIT D’UNE LETTRE À MME PÉRIER · texte numérisé non relu

VII. EXTRAIT D’UNE LETTRE À MME PÉRIER

En gros leur aviss fut que vous ne pouvez en aucune manière, sans blesser la charité et votre conscience mortellement et vous rendre cou-

4, Recueil ms. du P. Guerrier, p. 182.

2, J'ai copié cet extrait sur l'original écrit de la main de M. Pascal; il ne reste que la 4° et la 5° page de cette lettre; les autres sont perdues. (Note du P. Guerrier.)

3. De MM. de Singlin, de Sacy et de Rebours que M. Pascal consulia à Port-Royal, et qui furent tous trois du même avis. Ce fut M. de Singlin qui

pable d’un des plus grands crimes, engager un enfant! de son âge et de son innocence et même de sa piété à la plus périlleuse et la plus basse des conditions du christianisme. Qu’à la vérité suivant le monde laffaire n’avoit nulle difficulté et qu’elle étoit à conclure sans hésiter ; mais que selon Dieu , elle en avoit moins de difficulté et qu’elle étoit à rejeter sans hésiter, parce que la condition d’un mariage avantageux est aussi souhaitable suivant le monde, qu’elle est vile et préjudiciable selon Dieu. Que ne sachant à quoi elle devoit être appelée, ni si son tempérarnent ne sera pas si tranquillisé qu’elle puisse supporter avec piété sa virginité, c’étoit bien peu en connoître le prix que de l’engager à perdre ce bien si souhaitable pour chaque personne à soi-même et si souhaitable aux pères et aux mères pour leurs enfans, parce qu’ils ne le peuvént plus désirer pour eux; que c’est en eux qu'ils doivent essayer de rendre à Dieu ce qu’ils ont perdu d'ordinaire pour d’autres causes que pour Dieu.

De plus que les maris, quoique riches et sages suivant le monde, sont en vérité de francs paiens devant Dieu; de sorte que les dernières paroles de ces messieurs sont que d’engager une enfant à un homme du commun , C’est une espèce d’homicide et comme un déicide en leurs personnes.

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