II. Saint Basile faussement allégué sur le même sujet
Les jésuites attribuent encore dans cette même page leur méchante doctrine des occasions prochaines à saint Basile, en le citant après le P. Caussin (Const. monac.. cap. 1v), où il n’y a pas un seul mot de ce sujet. C’est dans le chapitre 111 où se trouve ce qu’en rapporte le P. Caussin, mais qui est une condamnation formelle de la doctrine de ces casuistes, n’y ayant rien de si pur et de si contraire au relâchement de ces nouveaux docteurs, que ce que ce père enseigne en ce lieu.
Car voici les conseils qu’il donne à ses religieux : « Nous ne devons pas seulement travailler à régler nos pensées et nos mouvemens intcrieurs, mais nous devons aussi, autant qu’il se peut, nous éloigner des choses qui, frappant nos sens et renouvelant la mémoire de nos passions, causent du trouble dans notre esprit, et font souffrir à notre âme une guerre et un combat importun. Car, lorsque noussommesengagés dans le combat contre notre volonté, c’est une nécessité de le souffrir; mais c'est une grande folie de nous y engager nous-mêmes volontairement. C’est pourquoi nous devons fuir, avant toutes choses, l'entretien des femmes, et nous ne devons jamais nous trouver avec elles que lorsqu’une nécessité indispensable nous y force; et alors même il faut s’en garder comme
d’un feu, et nous en défaire le plus promptement que nous pourrons. » Ce qu’il répète encore à la fin du chapitre : « Ayons soin, dit-il, autant qu’il nous est possible, d'éviter la conversation avec les femmes ; et, si cela ne se peut entièrement, il faut au moins que nos entretiens avec elles soient très-rares et très-courts. »
Voilà tout ce que dit saint Basile sur ce sujet; et les jésuites ont si peu de conscience que de vouloir se servir de ses règles si saintes et si sévères, pour permettre à des débauchés d’ailer faire des lecons de chasteté à des femmes perdues, encore qu’ils aient souvent reconnu, par une funeste expérience, qu’ils succombent à la tentation qu’ils vont chercher : «Etsi malo suo sæpe experti sunt,» comme dit le P. Bauny, « blandis se muliercularum sermonibus ac illecebris flecti solitos ad « libidinem. »