‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 103 sur 492 · LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL

Laborieux valet du plus commode maître Oui pour te rendre heureux ici-bas pouvoit naître,

Antoine, gouverneur de mon jardin d’Auteuil,

Qui diriges chez moi l’if et le chèvrefeuil 4 5 ,

Et sur mes espaliers, industrieux génie,

Sais si bien exercer l’art de La Quintinie Ohl que de mon esprit triste et mal ordonné,

Ainsi que de ce champ par toi si bien orné ,

Ne puis-je faire ôter les ronces , les épines ,

Et des défauts sans nombre arracher les racines l

Mais parle : raisonnons. Quand, du matin au soir,

Chez moi poussant la bêche , ou portant l’arrosoir,

Tu fais d’un sable aride une terre fertile,

Et rends tout mon jardin à tes lois si docile;

Que dis-tu de m’y voir rêveur, capricieui ,

Tantôt baissant le front, tantôt levant les yeux De paroles dans l’air par élans envolées Effrayer les oiseaux perchés dans mes allées?

Ne soupçonnes-tu point qu’agité du démon ,

4. M. Arnauld a fait une dissertation où il me justifie contre mes censeurs. (B.

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