Auteur du Pattor fido , mort en 4 612 à Venise
6. Almerinde et Simandre , traduction d’un roman italien de Luca Assarino. — 6. Roman italien, traduit par Scudéri. (B.)
7. Pierre Tardieu, sieur de Gaillerbois, avoit été chanoine de la Sainle-Cbapelle : il étoit frère du lieutenant criminel Tardieu, si fameux par son avarice et par sa mort tragique. Voy. satire X, p. 82,
8. La Mothe Le Vayer. — 9. Brébeuf, traducteur de la Pharsale.
<0. Dodillon, cbanlre de la Sainte-Chapelle, devenu imbécile dans les
dernières années de sa vie. — 4 4. Poème de Louis le Laboureur.
4 2. Roman de Mlle de Scudéri en dix volumes.
43. Fabri pour Le Febvre, conseiller clerc, homme très-violent. Quant
LE LUTRIN
Ce guerrier, dans l’Église aux querelles nourri.
Est robuste de corps, terrible de visage,
Et de l’eau dans son vin n’a jamais su l'usage.
11 terrasse lui seul et Guibert et Grasset,
Et Goritlon la basse, et Grandin le fausset,
Et Gerbais l’agréable, et Guérin l’insipide.
Des chantres désormais la brigade timide S’écarte , et du palais regagne les chemins.
Telle, à l'aspect d’un loup, terreur des champs voisins,
Fuit d’agneaux effrayés une troupe bêlante;
Ou tels devant Achille, aux campagnes du Xanthe,
Les Troyens se sauvoient à l'abri de leurs tours :
Quand Brontin à Roirude adresse ce discours :
« Illustre porte-croix , par qui notre bannière N’a jamais en marchant fait un pas en arrière ,
Un chanoine lui seul triomphant du prélat Ôu rochet à nos yeux ternira-t-il l’éclat?
Non, non ; pour te couvrir de sa main redoutable,
Accepte de mon corps l’épaisseur favorable.
Viens, et, sous ce rempart, à ce guerrier hautain Fais voler ce Quinault qui me reste à la main. »
A ces mots , il lui tend le doux et tendre ouvrage :
Le sacristain , bouillant de zèle et de courage ,
Le prend, se cache, approche, et, droit entre les yeux,
Frappe du noble écrit l’athlète audacieux;
Mais c’est pour l’ébranler une foible tempête Le livre sans vigueur mollit contre sa tète.
Le chanoine les voit; de colère embrasé ; œ Attendez, leur dit-il, couple lâche et rusé,
Et jugez si ma main, aux grands exploits novice,
Lance à mes ennemis un livre qui mollisse. »
A ces mots il saisit un vieil Infortiat 1 ,
Grossi des visions d’Accurse1 et d’Alciat3,
Inutile ramas de gothique écriture,
Dont quatre ais mal unis formoient la couverture ,
Entourée à demi d’un vieux parchemin noir,
Où pendoit à trois clous un reste de fermoir.
Sur l’ais qui le soutient auprès d’un Avicenne4,
Deux des plus forts mortels l’ébranleroient à peine ;
Le chanoine pourtant l'enlève sans effort;
Et, sur le couple pâle et déjà demi-mort,
à Girou, c’est, dit-on, un nom supposé , ainsi que Guibert , Grasset , Gorillon, Grandin, Gerbais, Guérin.
t. Livre de droit d’une grosseur énorme. (B.) — On avoit donné le nom barbare d’inforliat ( Infortiatum ) à la seconde partie du Digeste.
2. Accurse (Francesco Accorso), commentateur du Droit romain.
3. Poêle latin et jurisconsulte du xvi* siècle. — 4. Auteur arabe. (B.)
Fait tomber à deux mains l’effroyable tonnerre.
Les guerriers , de ce coup , vont mesurer la terra ,
Et, du bois et des clous meurtris et déchirés, Longtemps , loin du perron , roulent sur les degrés.
Au spectacle étonnant de leur chute imprévue ,
Le prélat pousse un cri qui pénètre la nue.
Il maudit dans son cœur le démon des combats ,
Et de l'horreur du coup il recule six pas.
Mais bientôt rappelant son antique prouesse ,
Il tire du manteau sa dextre vengeresse ;
Il part, et. de ses doigts saintement allongés,
Bénit tous les passans, en deux files rangés.
Il sait que l’ennemi, que ce coup va surprendre, Désormais sur ses pieds ne l’oseroit attendre,
Et déjà voit pour lui tout le peuple en courroux Crier aux combattans : « Profanes , à genoux ! »
Le chantre, qui de loin voit approcher l’orage,
Dans son cœur éperdu cherche en vain du courage • Sa fierté l’abandonne , il tremble , il cède , il fuit.
Le long des sacrés murs sa brigade le suit :
Tout s’écarte à l’instant; mais aucun n'en réchappe; Partout le doigt vainqueur les suit et les rattrape. Evrard seul, en un coin prudemment retiré,
Se croyoit à couvert de l’insulte sacré;
Mais le prélat vers lui fait une marche adroite ;
Il l’observe de l’œil; et tirant vers la droite,
Tout d’un coup tourne à gauche , et d’un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné.
Le chanoine , surpris de la foudre mortelle ,
Se dresse, et lève en vain une tète rebelle;
Sur ses genoux tremblans il tombe à cet aspect.
Et donne à la frayeur ce qu’il doit au respect.
Dans le temple aussitôt le prélat plein de gloire Va goûter les doux fruits de sa sainte victoire ;
Et de leur vain projet les chanoines punis,
S’en retournent chez eux éperdus et bénis.
CHANT YI.
Tandis que tout conspire à la guerre sacrée , La Piété sincère , aux Alpes retirée ' ,
Du fond de son désert entend les tristes cris