‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 144 sur 492 · Bémus, Rhodope et Pangéc. (B · texte numérisé non relu

Bémus, Rhodope et Pangéc. (B

S. Us t'étoieni loués à Laomédon pour rebâtir les mursdeTroie. (B.)

ODES

D’éclairs au loin homicides Font pétiller leurs remparts ;

Et, dans son sein infidèle,

Partout la terre y recèle Un feu prêt à s’élancer,

Qui , soudain perçant son gouffre , Ouvre un sépulcre de soufre A quiconque ose avancer.

Namur, devant tes murailles Jadis la Grèce eût, vingt ans Sans fruit vu les funérailles De ses plus fiers combattans.

Quelle effroyable puissance Aujourd’hui pourtant s’avance, Prête à foudroyer tes monts !

Quel bruit, quel feu l’environne 1 C’est Jupiter en personne,

Ou c’est le vainqueur de Mons.

N’en doute point, c’est lui-même; Tout brille en lui , tout est roi.

Dans Bruxelles Nassau blême Commence à trembler pour toi.

En vain il voit le Batave, Désormais docile esclave,

Rangé sous ses étendards;

En vain au lion belgique Il voit l’aigle germanique Uni sous les léopards :

Plein de la frayeur nouvelle Dont ses sens sont agités ,

A son secours il appelle Les peuples les plus vantés.

Ceux-là viennent du rivage Où s’enorgueillit le Tage De l’or qui roule en ses eaux ; Ceux-ci , des champs où la neige Des marais de la Norwége Neuf mois couvre les roseaux.

Mais qui fait enfler la Sambre ?

Sous les Gémeaux effrayés,

Des froids torrens de décembre

ODES

Les champs partout sont noyés1 Cérès s’enfuit éplorée De voir en proie à Borée •

Ses guérêts d’épis chargés,

Et, sous les urnes fangeuses Des Hyades orageuses ,

Tous ses trésors submergés.

Déployez toutes vos rages.

Princes, vents, peuples, frimas-,

Ramassez tous vos nuages,

Rassemblez tous vos soldats :

Malgré vous, Namur en poudre S’en va tomber sous la foudre Qui dompta Lille. Courtrai,

Gand la superbe Espagnole,

Saint-Omer, Besançon, Dôle,

Ypres, Mastricht et Cambrai.

Mes présages s’accomplissent :

Il commence à chanceler;

Sous les coups qui retentissent Ses murs s’en vont s’écrouler.

Mars en feu, qui les domine,

Souffle à grand bruit leur ruine;

Et les bombes , dans les airs Allant chercher le tonnerre.

Semblent, tombant sur la terre,

Vouloir s’ouvrir les enfers.

Accourez, Nassau, Bavière,

De ces murs l’unique espoir :

A couvert d’une rivière,

Venez , vous pouvez tout voir.

Considérez ces approches :

Voyez grimper sur ces roches Ces athlètes belliqueux;

Et dans les eaux , dans la flamme,

Louis à tous donnant l'àme,

Marcher, courir avec eux.

Contemplez dans la tempête - Qui 3ort de ces boulevards,

< . Le siège se fit au mois de juin, et il tomba durant ce temna ta a furieuses pluies. (B.) ‘empa-lâ de

ODES

, La plume qui sur sa tête '

Attire tous les regards.

A cet astre J redoutable Toujours un sort favorable S’attache dans les combats;

Et toujours avec la gloire Mars amenant la victoire Vole, et le suit à grands pas.

Grands défenseurs de l'Espagne,

Montrez-vous, il en est temps.

Courage ! vers la Méhagne »

Voilà vos drapeaux flottans.

Jamais ses ondes craintives N’ont vu sur leurs foibles rives Tant de guerriers s’amasser.

Courez donc; qui vous retarde?

Tout l’univers vous regarde :

N’osez-vous la traverser?

Loin de fermer le passage A vos nombreux bataillons ,

Luxembourg a du rivage Reculé ses pavillons.

Quoi I leur seul aspect vous glace 1 Où sont ces chefs pleins d’audace,

Jadis si prompts à marcher,

Qui dévoient , de la Tamise Et de la Drave4 soumise,

Jusqu’à Paris nous chercher?

Cependant l’effroi redouble Sur les remparts de Namur :

Son gouverneur, qui se trouble,

• S'enfuit sous son dernier mur.

Déjà jusque* à ses portes .

Je vois monter nos cohortes La flamme et le fer en main;

Et sur les monceaux de piques ,

• . Le roi porte toujours à l’armée une plume blanche. (B.)

2. Homère, Iliade, livre XIX, vers 299 (il falloit dire 381 ), où il dit que l’aigreUe d’Achille élinceioit comme un astre. (B.)

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