‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 150 sur 492 · VI. — Sonnet sur la mort d'une parente · texte numérisé non relu

VI. — Sonnet sur la mort d'une parente

4653 ou 4654.

Parmi les doux transports d’une amitié fidèle ,

Je voyois près d’iris couler mes heureux jours;

Iris que j’aime encore, et que j’aimai toujours,

Brûloit des mêmes feux dont je brûlois pour elle;

Quand , par l’ordre du ciel , une fièvre cruelle M’enleva cet objet de mes tendres amours;

Et , de tous mes plaisirs interrompant le cours ,

Me laissa de regrets une suite éternelle.

Ah I qu’un si rude coup étonna mes esprits I Que je versai de pleurs l que je poussai de cris 1 De combien de douleurs ma douleur fut suivie 1

Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi;

Et , bien qu’un triste sort t’ait fait perdre la vie ,

Hélas ! en te perdant j’ai perdu plus que toi.

VII. — Sonnet sur une de mes parentes qui mourut toute jeune entre les mains d’un charlatan.

Nourri dès le berceau près de la jeune Orante ,

Et non moins par le cœur que par le sang lié ,

A ses jeux innocens enfant associé ,

Je goûtois les douceurs d’une amitié charmante ;

Quand un faux Esculape, à cervelle ignorante,

A la fin d’un long mal vainement pallié,

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