VI. — Sonnet sur la mort d'une parente
4653 ou 4654.
Parmi les doux transports d’une amitié fidèle ,
Je voyois près d’iris couler mes heureux jours;
Iris que j’aime encore, et que j’aimai toujours,
Brûloit des mêmes feux dont je brûlois pour elle;
Quand , par l’ordre du ciel , une fièvre cruelle M’enleva cet objet de mes tendres amours;
Et , de tous mes plaisirs interrompant le cours ,
Me laissa de regrets une suite éternelle.
Ah I qu’un si rude coup étonna mes esprits I Que je versai de pleurs l que je poussai de cris 1 De combien de douleurs ma douleur fut suivie 1
Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi;
Et , bien qu’un triste sort t’ait fait perdre la vie ,
Hélas ! en te perdant j’ai perdu plus que toi.
VII. — Sonnet sur une de mes parentes qui mourut toute jeune entre les mains d’un charlatan.
Nourri dès le berceau près de la jeune Orante ,
Et non moins par le cœur que par le sang lié ,
A ses jeux innocens enfant associé ,
Je goûtois les douceurs d’une amitié charmante ;
Quand un faux Esculape, à cervelle ignorante,
A la fin d’un long mal vainement pallié,