‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 151 sur 492 · Mlle Dongois , nièce du poète · texte numérisé non relu

Mlle Dongois , nièce du poète

POÉSIES DIVERSES

Rompant de ses beaux jours le fil trop délié ,

Pour jamais me ravit mon aimable parente.

Ah ! qu’un si rude coup me fit verser de pleurs I Bientôt, la plume en main signalant mes douleurs,

Je demandai raison d’un acte si perfide.

Oui , j’en fis dès quinze ans ma plainte à l’univers ;

Et l’ardeur de venger ce barbare homicide ,

Fut le premier démon qui m’inspira des vers.

VIII. — Stances i M. Molière sur sa comédie de P École det Femmes, que plusieurs gens frondoient.

En vain mille jaloux esprits,

Molière, osent avec mépris,

Censurer ton plus bel ouvrage :

Sa charmante naïveté

S’en va pour jamais d’âge en âge

Divertir la postérité.

Que tu ris agréablement !

Que tu badines savamment 1 Celui qui sut vaincre Numance ',

Qui mit Carthage sous sa loi,

Jadis sous le nom de Térence Sut-il mieux badiner que toi ?

Ta muse avec utilité Dit plaisamment la vérité ;

Chacun profite à ton école :

Tout en est beau , tout en est bon -,

Et ta plus burlesque parole Est souvent un docte sermon.

Laisse gronder tes envieux;

Ils ont beau crier en tous lieux Qu’en vain tu charmes le vulgaire,

Que tes vers n’ont rien de plaisant :

Si tu savois un peu moins plaire ,

Tu ne leur dèplairois pas tant.

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