Mlle Dongois , nièce du poète
POÉSIES DIVERSES
Rompant de ses beaux jours le fil trop délié ,
Pour jamais me ravit mon aimable parente.
Ah ! qu’un si rude coup me fit verser de pleurs I Bientôt, la plume en main signalant mes douleurs,
Je demandai raison d’un acte si perfide.
Oui , j’en fis dès quinze ans ma plainte à l’univers ;
Et l’ardeur de venger ce barbare homicide ,
Fut le premier démon qui m’inspira des vers.
VIII. — Stances i M. Molière sur sa comédie de P École det Femmes, que plusieurs gens frondoient.
En vain mille jaloux esprits,
Molière, osent avec mépris,
Censurer ton plus bel ouvrage :
Sa charmante naïveté
S’en va pour jamais d’âge en âge
Divertir la postérité.
Que tu ris agréablement !
Que tu badines savamment 1 Celui qui sut vaincre Numance ',
Qui mit Carthage sous sa loi,
Jadis sous le nom de Térence Sut-il mieux badiner que toi ?
Ta muse avec utilité Dit plaisamment la vérité ;
Chacun profite à ton école :
Tout en est beau , tout en est bon -,
Et ta plus burlesque parole Est souvent un docte sermon.
Laisse gronder tes envieux;
Ils ont beau crier en tous lieux Qu’en vain tu charmes le vulgaire,
Que tes vers n’ont rien de plaisant :
Si tu savois un peu moins plaire ,
Tu ne leur dèplairois pas tant.