XXXI. — Plainte contre les Tuileries
Agréables jardins , où les Zéphyrs et Flore Se trouvent tous les jours au lever de l’aurore;
Lieux charmans , qui pouvez dans vos sombres réduits Des plus tristes amans adoucir les ennuis,
Cessez de rappeler dans mon âme insensée De mon premier bonheur la gloire enfin passée.
Ce fut , je m’en souviens , dans cet antique bois ,
Que Philis m’apparut pour la première fois ;
C’est ici que souvent , dissipant mes alarmes ,
Elle arrêtoit d’un mot mes soupirs et mes larmes;
Et que , me regardant d’un œil si gracieux ,
Elle m’offroit le ciel ouvert dans ses beaux yeux.
Aujourd’hui cependant , injustes que vous êtes ,
Je sais qu’à mes rivaux vous prêtez vos retraites ,
Et qu’avec elle assis sur vos tapis de fleurs ,
Ils triomphent contens de mes vaines douleurs.
Allez , jardins dressés par une main fatale ,
Tristes enfans de l’art du malheureux Dédale :
Vos bois, jadis pour moi si charmans et si beaux,
Ne sont plus qu’un désert , refuge de corbeaux ,
Qu’un séjour infernal , où cent mille vipères ,
Tous les jours en naissant , assassinent leurs mères ’.
1 . Vers grec de V Anthologie. (B.) — Le dernier vers de cette pièce eet une traduction de ce vers grec.
2. Ce sont des vers de Le Verrier, refaits et développés par Boileau.
nK DES POÉSIES DIVERSES.
ÉPIGRAMMES
ÉPIGRÀMMES.