Saint-Sorlin a écrit contre Port-Royal
9. Sanguin de Saint-Paviu, abbé de Livry, étoit un libertin fameux, émule de des Barreaux et disciple de Théophile.
SATIRE I
Où la science triste , affreuse , délaissée ,
Est partout des bons lieux comme infâme chassée ;
Où le seul art en vogue est l’art de bien voler;
Où tout me choque; enfin, où.... je n’ose parler.
Et quel homme si froid ne serait plein de bile ,
A l’aspect odieux des mœurs de cette ville ?
Qui pourrait les souffrir? et qui, pour les blâmer,
Malgré Muse et Phébus n’ apprendrait à rimer ?
Non, non, sur ce sujet pour écrire avec grâce,
Il ne faut point monter au sommet du Parnasse ;
Et, sans aller rêver dans le double vallon La colère suffit, et vaut un Apollon.
« Tout beau , dira quelqu’un , vous entrez en furie.
« A quoi bon ces grands mots ? doucement , je vous prie • « Ou bien montez en chaire; et là, comme un docteur,
« Allez de vos sermons endormir l’auditeur :
« C’est là que bien ou mal on a droit de tout dire. » Ainsi parle un esprit qu’irrite la satire ,
Qui contre ses défauts croit être en sûreté En raillant d’un censeur la triste austérité;
Qui fait l’homme intrépide , et , tremblant de foiblesse , Attend pour croire en Dieu que la fièvre le presse 1 ;
Et , toujours dans l’orage au ciel levant les mains ,
Dès que l’air est calmé, rit des foibles humains.
Car de penser alors qu’un Dieu tourne le monde ,
Et règle les ressorts de la machine ronde,
Ou qu’il est une vie au delà du trépas ,
C’est là, tout haut du moins, ce qu’il n’avouera pas.
Pour moi , qu’en santé même un autre monde étonne . Qui crois l’âme immortelle , et que c’est Dieu qui tonne . Il vaut mieux pour jamais me bannir de ce lieu.
Je me retire donc. Adieu, Paris, adieu.
4 Allusion à des Barreaux.
SATIRE II
SATIRE IL