‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 18 sur 492 · Saint-Sorlin a écrit contre Port-Royal · texte numérisé non relu

Saint-Sorlin a écrit contre Port-Royal

9. Sanguin de Saint-Paviu, abbé de Livry, étoit un libertin fameux, émule de des Barreaux et disciple de Théophile.

SATIRE I

Où la science triste , affreuse , délaissée ,

Est partout des bons lieux comme infâme chassée ;

Où le seul art en vogue est l’art de bien voler;

Où tout me choque; enfin, où.... je n’ose parler.

Et quel homme si froid ne serait plein de bile ,

A l’aspect odieux des mœurs de cette ville ?

Qui pourrait les souffrir? et qui, pour les blâmer,

Malgré Muse et Phébus n’ apprendrait à rimer ?

Non, non, sur ce sujet pour écrire avec grâce,

Il ne faut point monter au sommet du Parnasse ;

Et, sans aller rêver dans le double vallon La colère suffit, et vaut un Apollon.

« Tout beau , dira quelqu’un , vous entrez en furie.

« A quoi bon ces grands mots ? doucement , je vous prie • « Ou bien montez en chaire; et là, comme un docteur,

« Allez de vos sermons endormir l’auditeur :

« C’est là que bien ou mal on a droit de tout dire. » Ainsi parle un esprit qu’irrite la satire ,

Qui contre ses défauts croit être en sûreté En raillant d’un censeur la triste austérité;

Qui fait l’homme intrépide , et , tremblant de foiblesse , Attend pour croire en Dieu que la fièvre le presse 1 ;

Et , toujours dans l’orage au ciel levant les mains ,

Dès que l’air est calmé, rit des foibles humains.

Car de penser alors qu’un Dieu tourne le monde ,

Et règle les ressorts de la machine ronde,

Ou qu’il est une vie au delà du trépas ,

C’est là, tout haut du moins, ce qu’il n’avouera pas.

Pour moi , qu’en santé même un autre monde étonne . Qui crois l’âme immortelle , et que c’est Dieu qui tonne . Il vaut mieux pour jamais me bannir de ce lieu.

Je me retire donc. Adieu, Paris, adieu.

4 Allusion à des Barreaux.

SATIRE II

SATIRE IL

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