‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 17 sur 492 · Célèbre parasite dont Ménage a écrit la vie. (B · texte numérisé non relu

Célèbre parasite dont Ménage a écrit la vie. (B

3. Le roi, en ce temps-là, à la sollicilulion de M. Colbert, donna plusieurs pensions aux hommes de lettres. (B.)

4. On a plusieurs ouvrages de lui où il y a beaucoup de génie; il ne savoit pas le latin et éloit fort pauvre. (B,.

Di

SATIRE 1

Mais quoi ! las de traîner une vie importune ,

Il engagea ce rien pour chercher la fortune ,

Et , tout chargé de vers qu’il devoit mettre au jour Conduit d’un vain espoir , il parut à la cour '.

Qu’arriva-t-il enfin de sa muse abusée?

11 en revint couvert de honte et de risée ;

Et la fièvre , au retour , terminant son destin ,

Fit par avance en lui ce qu’auroit fait la faim.

Un poète à la cour fut jadis à la mode;

Mais des fous aujourd’hui c’est le plus incommode ;

Et l’esprit le plus beau, l’auteur le plus poli,

N’y parviendra jamais au sort de l’Angéli1 2 3 4.

« Faut-il donc désormais jouer un nouveau rôle ?

Dois-je, las d’Apollon, recourir à Barthole5 * 7?

Et , feuilletant Louet allongé par Brodeau * ,

D’une robe à longs plis balayer le barreau ?

Mais à ce seul penser je sens que je m’égare.

Moi ! que j’aille crier dans ce pays barbare ,

Où l’on voit tous les jours l’innocence aux abois Errer dans les détours d’un dédale de lois ,

Et , dans l’amas confus des chicanes énormes ,

Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes?

Où Patru 5 gagne moins qu’Huot et Le Mazier ,

Et dont les Cicérons se font chez Pé-Fournier 8 9 '

Avant qu’un tel dessein m’entre dans la pensée ,

On pourra voir la Seine à la Saint-Jean glacée ;

Àmauld ’ à Charenton devenir huguenot ,

Saint-Sorlin 8 janséniste , et Saint- Pavin* bigot.

« Quittons donc pour jamais une ville importune,

Où l’honneur a toujours guerre avec la fortune ;

Où le vice orgueilleux s’érige en souverain,

Et va la mitre en tête et la crosse à la main ;

1 . Le poërae qu’il y porta étoit intitulé le Poème de la lune , et il y louoil surtout le roi de savoir bien nager. (B.) — Saint- Amant, né à Rouen en 1 698, mort en 1 660, est l’auteur du poème de Tdoysc sauvé.

2. Célèbre fou que feli M. le prince de Condé avoit ramené avec lui des Pays-Bas, et qu’il donna au roi Louis Xll. (B.) — L’Angéli amassa 25 000 écus.

Page 1