VIII. — Le roi protecteur de l’Académie Françoise
Lorsque Louis XIII établit l’Académie françoise par des lettres patentes qui lui accordent de grands privilèges, il déclara le cardinal de Richelieu protecteur de cette illustre compagnie , et le cardinal, toute sa vie, lui accorda une singulière protection. L’Académie , après l’avoir perdu , élut à sa place le chancelier Séguier, personnage d’un mérite extraordinaire, et l’un des quarante qui la composoient. Mais le chancelier étant mort, tous les académiciens , d’un commun consentement , résolurent de ne plus reconnoître d’autre protecteur que le roi même , et Sa Majesté ne dédaigna pas d’agréer leur résolution. Cette insigne faveur fut également utile et glorieuse à la compagnie. Le roi la combla aussitôt de ses grâces , et ordonna qu’elle tiendroit désormais ses séances dans le Louvre , où il lui donna un appartement magnifique , et tout ce qu’elle pouvoit désirer pour la commodité de ses assemblées. Les bontés de Sa Majesté pour elle ont toujours augmenté depuis, et l’ont enfin portée au degré de splendeur où on la voit aujourd’hui.
C’est le sujet de cette médaille. Apollon tient sa lyre appuyée sur le trépied d’où sortoient ses oracles. Dans le fond paroît la principale face du Louvre. La légende, Apollo palatinus, signifie Apollon dans le palais d’Auguste , et fait allusion au temple d’Apollon bâti dans l’enceinte du palais de cet empereur. L’exergue, Academia gallica intra regiam excepta, m. dc. lxxii., l’Académie françoise dans le Louvre . 1672. ( Médailles , etc. , p. 1 19, Séance du 2 juillet 1697.)