X. — Prise do port de Tabago
Quoique le comte d'Estrées eût remporté une victoire entière sur les Hollandois dans le port de Tabago , et qu’il eût brûlé tous leurs vaisseaux , il n’osa néanmoins , avec le peu de troupes qu’il avoit, entreprendre le siège du fort1. Mais au mois d’octobre de cette même année , étant reparti de Brest mieux accompagné , il mouilla à la rade de l’île de Tabago, au commencement de décembre, fit sa descente, s’approcha de la place et la fit attaquer. Il y avoit une garnison assez considérable , et on ne doutoit point que le siège ne fût long. Heureusement, le second jour du siège, la troisième bombe que l’on tira tomba sur le magasin à poudre , y mit le feu , et fit un débris horrible. Bink, vice-amiral hollan-
t. Il l'entreprit, et fut repoussé.
dois, quinze officiers et plus de trois cents soldats périrent dans l’embrasement. Le reste de la garnison, tout effrayé, s’enfuit dans les bois. Les François, qui n’entendirent plus tirer, s'avancèrent vers le fort, l’escaladèrent, n’y trouvèrent personne, et en demeurèrent les maîtres. Quatre vaisseaux , qui étoient dans le port, se rendirent en même temps.
C’est le sujet de cette médaille. On voit l’élévation du fort et la bombe tombant au milieu. Au bas , est la flotte du roi rangée en bataille. Les mots de la légende, Tabagum expugnatum, signifient : prise de Tabago. L’exergue marque la date 1677. {Médailles, etc., p. 167.... Séance du 19 juin 1696.)