XI. — Combat nE Saint-Denis
L’armée françoise attendoit, aux portes de Bruxelles , la conclusion de la paix. Le maréchal de Luxembourg, qui la comman-
doit, fut averti que les troupes confédérées s’assembloient, audessus de cette place , pour tomber sur le comte de Montai et sur le baron de Quincy , qui, depuis deux mois, tenoient la ville de Mons bloquée. Il se rapprocha d’eux, et se posta fort avantageusement. Le prince d’Orange , avec cinquante mille hommes et quarante pièces de canon, parut le 14 d’août dans la plaine d’Havré, fort près de la droite de l’armée françoise. Comme le maréchal se disposoit au combat, il reçut le traité de paix signé le 11 à Nimègue, et ne doutant point que le prince d’Orange ne l’eût reçu avant lui, il demeuroit tranquille dans son camp. Mais sur l’avis que les ennemis paroissoient déjà sur la hauteur de l’abbaye Saint-Denis , il jugea d’abord que , la paix s’étant faite malgré ce prince, il avoit pris le parti de la tenir secrète, et de tenter un combat, dans la pensée que s’il le gagnoit , il trouveroit le moyen de la rompre, et que, s’il le perdoit, il n’auroit, pour arrêter les progrès du vainqueur, qu’à la publier. On se mit promptement en bataille. L’armée ennemie passa les défilés sur les onze heures, et commença le combat. 11 fut des plus sanglans et des plus terribles. Les ennemis enfin furent repoussés avec perte, et le lendemain, dès la pointe du jour, le prince d’Orange envoya communiquer au maréchal de Luxembourg le traité de paix , pour convenir avec lui d’une suspension d’armes jusqu’à la ratification.
C’est le sujet de cette médaille. On y voit Mars, qui d’une main porte un trophée , et de l’autre , une branche d’olivier. Les mots de la légende : Mars pacis vindex, signifient : Mars vengeur de la paix. Ceux de l’exergue : Pugna ad fanum Sancti Diontsii, xiv. aug. m. dc. lxxviii. , le combat de Saint-Denys , le 14 daoût 1678. ( Médailles , etc. , p. 176.... Séance du 10 moi 1698.)
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