‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 269 sur 492 · François Bacon , né à Londres en 1 560 , mort en · texte numérisé non relu

François Bacon , né à Londres en 1 560 , mort en

3. Jules-César Scaliger, né près de Vérone en 1484 , mort à Agen en 4 558, commentateur d’Aristote, de Théophraste, eic., et auteur d’un traité latin de l'An poétique.

SUR LONGIN

un peu profane; mais, outre que ce n’est que par rapport à Virgile , et dans un livre qu’il appelle hypercritique , voulant témoigner, par là qu’il y passe toutes les bornes de la critique ordinaire , il est certain que ce livre n’a pas fait d’honneur à son auteur, Dieu ayant permis que ce savant homme soit devenu alors un M. Perrault, et soit tombé dans des ignorances si grossières qu’elles lui ont attiré la risée de tous les gens de lettres , et de son propre fils même.

Au reste, afin que notre censeur ne s’imagine pas que je sois le seul qui ait trouvé ses dialogues si étranges , et qui ait paru si sérieusement choqué de l’ignorante audace avec laquelle il y décide de tout ce qu’il y a de plus révéré dans les lettres, je ne saurois, ce me semble, mieux finir ces remarques sur les anciens, qu’en rapportant le mot d’un très-grand prince 1 d’aujourd’hui , non moins admirable par les lumières de son esprit, et par l’étendue de ses connoissances dans les lettres , que par son extrême valeur, et par sa prodigieuse capacité dans la guerre, où il s’est rendu le charme des officiers et des soldats , et où , quoique encore fort jeune , il s’est déjà signalé par quantité d’actions dignes des plus expérimentés capitaines. Ce prince qui , à l’exemple du fameux prince de Condé , son oncle paternel , lit tout , jusqu’aux ouvrages de M. Perrault, ayant en effet lu son dernier dialogue, et en paroissant fort indigné , comme quelqu’un eut pris la liberté de lui demander ce que c’étoit donc que cet ouvrage pour lequel il témoignoit un si grand mépris : « C’est un livre, dit-il, où tout ce que vous avez jamais ouï louer au monde est blâmé, et où tout ce que vous avez jamais entendu blâmer est loué. »

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