‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 32 sur 492 · Il en est parlé dans la première satire. (B · texte numérisé non relu

Il en est parlé dans la première satire. (B

SATIRE VIII

Courir comme un bandit qui n’a ni feu ni lieu;

Et, traînant avec soi les horreurs de la guerre,

De sa vaste folie emplir toute la terre :

Heureux, si de son temps, pour cent bonnes raisons,

La Macédoine eût eu des Petites-Maisons1,

Et qu’un sage tuteur l’eût en cette demeure ,

Par avis de parens , enfermé de bonne heure l Mais, sans nous égarer dans ces digressions,

Traiter, comme Senaut’, toutes les passions;

Et, les distribuant, par classes et par titres,

Dogmatiser en vers , et rimer par chapitres ,

Laissons-en discourir La Chambre et Coeffeteau ,

Et voyons l’homme enfin par l’endroit le plus beau.

Lui seul, vivant, dit-on, dans l’enceinte des villes.

Fait voir d’honnêtes mœurs, des coutumes civiles,

Se fait des gouverneurs, des magistrats, des rois,

Observe une police, obéit à des lois.

11 est vrai. Mais pourtant sans lois et sans police,

Sans craindre archers, prévôt, ni suppôt de justice,

Voit-on les loups brigands, comme nous inhumains.

Pour détrousser les loups courir les grands chemins?

Jamais, pour s’agrandir, voit-on dans sa manie Un tigre en factions partager l’Hyrcanie3 ?

L’ours a-t-il dans les bois la guerre avec les ours?

Le vautour dans les airs fond-il sur les vautours?

A-t-on vu quelquefois dans les plaines d’Afrique ,

Déchirant à l’envi leur propre république ,

« Lions contre lions , parens contre parens ,

« Combattre follement pour le choix des tyrans4? »

L’animal le plus fier qu’enfante la nature Dans un autre animal respecte sa figure ,

De sa rage avec lui modère les accès ,

Vit sans bruit, sans débats, sans noise, sans procès.

Un aigle, sur un champ prétendant droit d’aubaine4,

t. C’esl un hôpital de Paris oû l’on enferme les fous. (B.)

2. Senaut, La Chambre et Coeffeteau ont tous trois fait chacun un Traité des passions. (B.) — Senaut éloit général de l’Oratoire, et Coeffeleau , évêque de Marseille ; Cureau de La Chambre étoit membre de l’Académie françoise.

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