‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 343 sur 492 · en avoit plus de cinquante-huit · texte numérisé non relu

en avoit plus de cinquante-huit

2. Philippe Goibaud Dubois, mort en <694. Il obtint des censeurs chargés de lire les traductions de Maucroix de les garder assez longtemps pour que les siennes pussent être publiées les premières.

LETTRES DE BOILEAU

vez sans doute ce que c’est que cette lettre qui me fait un si grand honneur; et M. Le Verrier en a une copie qu’il pourra vous faire tenir quand vous voudrez, supposé qu’il ne vous l’ait pas déjà envoyée. Il est surprenant qu’un homme dans l’extrême vieillesse ait conservé toute cette vigueur d’esprit et de mémoire qui paroît dans ces deux écrits, qu’il n’a fait pourtant que dicter , la foiblesse de sa vue ne lui permettant plus d’écrire lui-même.

Il me semble, monsieur, que voilà une longue lettre. Mais quoi 1 le loisir que je me suis trouvé aujourd’hui à Auteuil m’a comme transporté à Reims, où je me suis imaginé que je vous entretenois dans votre jardin, et que je vous revoyois encore , comme autrefois, avec tous ces chers amis que nous avons perdus, et qui ont disparu relut somnium surgentù'. Je n’espère plus de m’y revoir. Mais vous, monsieur, est-ce que nous ne vous reverrons plus à Paris? et n'ave{-vous point quelque curiosité de voir ma solitude d’ Auteuil? Que j’aurois de plaisir à vous y embrasser, et à déposer entre vos mains le chagrin que me donne tous les jours le mauvais goût de la plupart de nos académiciens ; gens assez comparables aux Hurons et aux Topinambour, comme vous savez bien que je l'ai déjà avancé dans mon épigramme :

Clio vint, l’autre jour, se plaindre au dieu des vers1....

J’ai supprimé cette épigramme, et je ne l’ai point mise dans mes ouvrages, parce qu’au bout du compte je suis de l’Académie, et qu’il n’est pas honnête de diffamer un corps dont on est. Je n’ai même jamais montré à personne une hadinerie que je fis ensuite pour m’excuser de cette épigramme. Je vais la mettre ici pour vous divertir; mais c’est à la charge que vous me garderez le secret , et que ni vous ne la retiendrez par cœur , ni ne la montrerez à personne :

J’ai traité de Topinambour5....

C'est une folie, comme vous voyez, mais je vous la donne pour telle. Adieu, monsieur, je vous embrasse de tout mon cœur et suis entièrement à vous.

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