‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 349 sur 492 · XVII. — A M. DE PONTCHARTRAIN 1 , SECRÉTAIRE D’ÉTAT · texte numérisé non relu

XVII. — A M. DE PONTCHARTRAIN 1 , SECRÉTAIRE D’ÉTAT

Paris, septembre 1 099.

Puisque vous daignez bien prendre quelquefois part à mes afflictions , trouvez bon , monseigneur , que je prenne part à votre joie , et que je ne sois pas des derniers à vous féliciter sur la justice que le roi a rendue au mérite de monseigneur votre père, en le choisissant pour remplir la première dignité de son royaume3. Jamais choix n’a été plus applaudi, ni n’a excité une réjouissance plus universelle , surtout parmi les honnêtes gens. Il n’y en a pas un qui ne se trouve gratifié en la personne de Mgr de Pontchartrain, et qui, par son élévation, ne se croie en quelque sorte lui-même accru de considération et d'estime. Pour moi qui , outre les raisons du bien public , ai encore par rapport à vous des raisons particulières et si sensibles d’être charmé de ce choix , jugez quelle doit être ma satisfaction. Mais, monseigneur, ce nouveau titre de grandeur qui entre dans votre maison , vous laissera-t-il le même que vous avez toujours été ? Puis-je espérer de trouver dans le fils d’un chancelier ce même ami tendre et officieux, que je trouvois dans le fils d’un contrôleur général des finances? Et Auteuil oseroit-il se flatter de vous voir encore chez moi faire de ces repas ,

sine aulxis et ostro 4 ,

que Mécénas faisoit avec le bon Horace? Pourquoi non? Vous n’êtes pas moins galant homme que Mécénas , et je ne vous suis pas moins dévoué qu’Horace l’étoit à ce premier ministre d’Auguste. Je m’en vais donc tout préparer pour cela à votre retour de Fontainebleau. Ne craignez point pourtant, monseigneur, que je m'oublie , à quelque familiarité que vous descendiez avec moi. Je me souviendrai toujours avec quel respect je suis et je dois être....

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