XX. — Boilbao a Racine
A Versailles, à 6 heures.
Le contre-temps de votre indisposition a été bien fâcheux-, car, en arrivant à Versailles , j’ai joui d’une merveilleuse bonne fortune : j’ai été appelé dans la chambre de Mme de Maintenon pour voir jouer devant le roi , par les actrices de Saint-Cyr, votre pièce A’Athalie. Quoique les élèves n’eussent que leurs habits ordinaires, tout a été le mieux du monde et a produit un grand effet. Le roi a témoigné être ravi . charmé , enchanté , ainsi que Mme de Maintenon. Pour moi , trouvez bon que je vous répète que vous n’avez pas fait de meilleur ouvrage. Adieu, mon cher monsieur; je suis fort pressé aujourd’hui. Si j’avois plus de loisir, je vous manderois plus au long certains détails, et vous rapporterais un mot charmant de M. de Chartres sur votre pièce , et qui a fait dire de grands biens de vous par le roi ; mais je vous verrai vraisemblablement demain , et j’aime mieux attendre à vous dire cela de vive voix. Je suis votre très-humble et très-obéissant serviteur.