‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 404 sur 492 · XXIII. — Racine a Boileau · texte numérisé non relu

XXIII. — Racine a Boileau

Versailles, ce mardi 8 avril 1692.

Mme de Maintenon m’a dit ce matin que le roi avoit réglé notre pension 3 à 4000 francs pour moi , et à 2000 francs pour vous : cela s’entend sans y comprendre notre pension de gens de lettres. Je l’ai fort remerciée pour vous et pour moi. Je viens aussi tout à l’heure de remercier le roi. Il m’a paru qu’il avoit quelque peine qu’il y eût de la diminution ; mais je lui ai dit que nous étions trop contens. J’ai plus appuyé encore sur vous que sur moi , et j’ai dit au roi que vous prendriez la liberté de lui écrire pour le remercier , n'osant pas lui venir donner la peine d’élever sa voix 3 pour vous parler. J’ai dit en propres paroles : « Sire, il a plus d’esprit que jamais , plus de zèle pour Votre Majesté , et plus d’envie de travailler pour votre gloire. » Vous voyez enfin que les choses ont été réglées comme vous l’avez souhaité vous-même. Je ne laisse pas d’avoir une vraie peine de ce qu’il semble que je gagne à cela plus que vous ; mais , outre les dépenses et les fatigues des voyages, dont je suis assez aise que vous soyez délivré, je vous connois si noble et si plein d’amitié, que je suis assuré que vous souhaiteriez de bon cœur que je fusse encore mieux traité. Je serai très-

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