Gouverneur de Bruxelles
CORRESPONDANCE
et nous étions tous, ou appuyés sur le parapet, ou debout sur le revers de la tranchée : mais j'ai couru d’autres périls, que je vous conterai en riant quand nous serons de retour.
Je suis, comme vous, tout consolé de la réception de Fontenelle1. M. Roze parolt fâché de voir, dit-il, l’Académie in pejus ruere. Il vous fait ses baisemains avec des expressions très-fortes, à son ordinaire. M. de Cavoie, et quantité de nos communs amis, m’ont chargé aussi de vous en faire. Voilà-, ce me semble , une assez longue lettre ; mais j’ai les pieds chauds , et je n’ai guère de plus grand plaisir que de causer avec vous. Je crois que le nez a saigné au prince d’Orange , et il n’est tantôt plus fait mention de lui. Vous me ferez un extrême plaisir de m’écrire , quand cela vous fera aussi quelque plaisir. Je vous prie de faire mes baisemains à M. de La Chapelle. Ayez la bonté de mander à ma femme que vous avez reçu de mes nouvelles.
J’ai oublié de vous dire que, pendant que j’étois sur le mont Pagnotte à regarder l’attaque , le révérend père de La Chaise étoit dans la tranchée , et même fort près de l’attaque , pour la voir plus distinctement. J’en parlois hier soir à son frère , qui me dit tout naturellement : a II se fera tuer un de ces jours. * Ne dites rien de cela à personne ; car on croiroit la chose inventée , et elle est très-vraie et très-sérieuse.