XLII. — Boileau a Racine
Paris, jeudi au soir, 48 juin lfl93.
Je ne saurois , mon cher monsieur , vous exprimer ma surprise , et, quoique j’eusse les plus grandes espérances du monde, je ne laissois pas encore de me défier de la fortune de M. le doyen. C’est vous qui avez tout fait, puisque c’est à vous que nous devons l’heureuse protection de Mme de Maintenon. Tout mon embarras maintenant est de savoir comment je m’acquitterai de tant d’obligations que je vous ai. Je vous écris ceci de chez M. Dongois le greffier, qui est sincèrement transporté de joie, aussi bien que toute notre famille; et, de l’humeur dont je vous connois-, je suis sûr que vous seriez ravi vous-même de voir combien d’un Seul coup vous avez fait d’heureux. Adieu, mon cher monsieur: croyez qu’il n’y a personne qui vous aime plus sincèrement, ni par plus de raisons que moi. Témoignez bien à M. de Cavoie la joie que j’ai de sa joie3, et à M. de Luxembourg mes profonds res-