‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 468 sur 492 · XXX Y · texte numérisé non relu

XXX Y

Auteuil, 37 mars <704.

Vous êtes, monsieur, l’ami du monde le plus commode pour un paresseux comme moi, puisque, dans le temps même que je ne sais comment vous demander pardon de ma négligence , vous me faites vous-même des excuses, et vous déclarez le négligent de nous deux : je n’ai pourtant pas oublié que c’est moi qui ai manqué à répondre à plusieurs de vos lettres, et, entre autres, à celle où vous m’assurez que vous avez vu à Lyon mon Dialogue des romans imprimé. Je ne sais pas même comment j'ai pu tarder si longtemps à vous détromper de cette erreur , ce dialogue n’ayant jamais été écrit , et ce que vous avez lu ne pouvant sûrement être un ouvrage de moi. La vérité est que l’ayant autrefois composé dans ma tète, je le récitai à plusieurs personnes qui en furent frappées et qui en retinrent quantité de bons mots. C’est de quoi on a vraisemblablement fabriqué l’ouvrage dont vous me parlez; et je soupçonne fort M. le marquis de Sévigné 1 d’en être le principal auteur ; car c’est lui qui en a retenu le plus de choses. Mais tout cela, encore un coup, n’est point mon dialogue; et vous en conviendrez vous-même, si vous venez à Paris, quand je vous en réciterai des endroits. J’ai jugé à propos de ne le point donner au public pour des raisons très-légitimes , et que je suis persuadé que vous approuverez; mais cela n’empêche pas que je ne le retrouve encore fort bien dans ma mémoire , quand je voudrai un peu y rêver, et que je vous en dise assez pour enrichir votre commentaire sur mes ouvrages.

Je suis bien aise que mon frère vous ait écrit le détail de notre

< . C’étoit un bourgeois riche que l’on trouva un jour assassiné chez lui avec ses deux domestiques, Bans qu'aucun vol ait été commis dans sa maison. Ce fait est resté obscur dans les chroniques du temps.

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