‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 59 sur 492 · Tyran en Sicile très-cruel. (IJ · texte numérisé non relu

Tyran en Sicile très-cruel. (IJ

SATIRE X

As-tu donc oublié qu’il faut qu’elle y consente?

Et crois-tu qu’aisément elle puisse quitter Le savoureux plaisir de t’y persécuter?

Bientôt son procureur, pour elle usant sa plume ,

De ses prétentions va t’offrir un volume :

Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens 1 ,

Gens de douce nature, et maris bons chrétiens,

Dans ses prétentions une femme est sans borne.

Alcippe , à ce discours je te trouve un peu morne.

Des arbitres, dis-tu, pourront nous accorder.

Des arbitres I... Tu crois l’empêcher de plaider1!

Sur ton chagrin déjà contente d’elle-même,

Ce n’est point tous ses droits, c’est le procès qu’elle aime. Pour elle un bout d’arpent qu’il faudra disputer Vaut mieux qu’un fief entier acquis sans contester.

Avec elle il n’est point de droit qui s’éclaircisse,

Point de procès si vieux qui ne se rajeunisse;

Et sur l’art de former un nouvel embarras.

Devant elle Rolet mettroit pavillon bas.

Crois-inoi. pour la fléchir trouve enfin quelque voie,

Ou je ne réponds pas dans peu qu’on ne te voie,

Sous le faix des procès abattu, consterné,

Triste, à pied, sans laquais, maigre, sec, ruiné,

Vingt fois dans ton malheur résolu de te pendre,

Et, pour comble de maux, réduit à la reprendre.

LETTRE D’ANTOINE ARNAUL1),

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