Voy. la cinquième Lettre provinciale de Pascal
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SATIRE XII
Pourvu que, laissant là son salut à l’écart,
Lui-même en la disant n’y prenne aucune part1.
C’est alors que l’on sut qu’on peut pour une pomme ,
Sans blesser la justice, assassiner un homme1 :
Assassiner I ah 1 non , je parle improprement ;
Mais que , prêt à la perdre , on peut innocemment ,
Surtout ne la pouvant sauver d’une autre sorte,
Massacrer le voleur qui fuit et qui l’emporte.
Enfin ce fut alors que , sans se corriger ,
Tout pécheur.... Mais où vais-je aujourd’hui m’engager?
Veui-je d’un pape illustre3, armé contre tes crimes,
A tes yeux mettre ici toute la bulle en rimes ;
Exprimer tes détours burlesquement pieux Pour disculper l’impur, le gourmand , l’envieux ;
Tes subtils faux-fuyans pour sauver la mollesse ,
Le larcin , le duel , le luxe , la paresse ,
En un mot, faire voir à fond développés Tous ces dogmes affreux d’anathème frappés,
Que , sans peur débitant tes distinctions folles ,
L’erreur encor pourtant maintient dans tes écoles?
Mais sur ce seul projet soudain puis-je ignorer A quels nombreux combats il faut me préparer?
J’entends déjà d’ici tes docteurs frénétiques Hautement me compter au rang des hérétiques ,
M’appeler scélérat , traître , fourbe , imposteur .
Froid plaisant, faux bouffon, vrai calomniateur*,
De Pascal4 5 6 7, de Wendrock* copiste misérable;
Et, pour tout dire enfin, janséniste exécrable.
J’aurai beau condamner, en tous sens expliqués,
Les cinq dogmes fameux par ta main fabriqués Blâmer de tes docteurs la morale risible :
C’est , selon eux , prêcher un calvinisme horrible ;