Benoit Odescalchi , Innocent X
t. Boileau , dans ces deux vers , transcrit en quelque sorte les premières lignes de la douzième Provinciale : a Mes révérends pères , j’étois prêt à vous écrire sur le sujet des injures que vous me dites depuis si longtemps dans vos écrits, où vous m’appelez impie, bouffon, ignorant , farceur, imposteur , calomniateur , fourbe , hérétique, calviniste déguisé, disciple de Dumoulin, possédé d'une légion de diables, et tout ce qu’il vous platt. »
5. Pascal, né à Clermont, en Auvergne, en 4 623, mort à Paris en 4 662.
6. Wendrock est le nom que prit Nicole en traduisant en latin les Provinciales , et en y joignant des notes fort instructives.
7. Les cinq propositions qui se trouvent, dit-on, dans un in-folio intitulé Augustinus , composé par J&nsénius, évêque d'Vpres.
SATIRE XII
C’est nier qu’ici-bas par l’amour appelé Dieu pour tous les humains voulut être immolé.
Prévenons tout ce bruit : trop tard , dans le naufrage ,
Confus on se repent d’avoir bravé l’orage.
Halte-là donc . ma plume. Et toi , sors de ces lieux ,
Monstre à qui , par un trait des plus capricieux ,
Aujourd’hui terminant ma course satirique ,
J’ai prêté dans mes vers une âme allégorique.
Fuis , va chercher ailleurs tes patrons bien-aimés ,
Dans ces pays par toi rendus si renommés ,
Où l’Orne épand ses eaux , et que la Sarthe arrose 1 ;
Ou , si plus sûrement tu veux gagner ta cause ,
Porte-la dans Trévoux’, à ce beau tribunal Où de nouveaux Midas un sénat monacal,
Tous les mois , appuyé de ta sœur l’Ignorance ,
Pour juger Apollon tient , dit-on , sa séance.
t. La Normandie et le Maine.
2. Les jésuites commencèrent en i70t et continuèrent jusqu’à l’époque de leur destruction un journal littéraire, connu sous le nom de Journal de Trévoux. Boileau étoil mécontent de ce qu’ils avoient dit de lui dans leur cahier du mois de septembre 1703.
rm DES SATIRES.
ÉPITRES
AU LECTEUR*
Je m’étois persuadé que la fable de l’huître , que j’avois mise à la fin de cette épître au roi , pourroit y délasser agréablement l’esprit des lecteurs qu’un sublime trop sérieux peut enfin fatiguer , joint que la correction que j’y avois mise sembloit me mettre à couvert d’une faute dont je faisois voir que je m’apercevois le premier ; mais j’avoue qu’il y a eu des personnes de bon sens qui ne l’ont pas approuvée. J’ai néanmoins balancé longtemps si je l’ôterois, parce qu’il y en avoit plusieurs qui la louoient avec autant d’excès que les autres la blâmoient ; mais enfin je me suis rendu à l’autorité d’un prince4 5, non moins considérable par les lumières de son esprit que par le nombre de ses victoires. Comme il m’a déclaré franchement que cette fable , quoique très-bien contée , ne lui sembloit pas digne du reste de l’ouvrage , je n’ai point résisté ; j’ai mis une fin à ma pièce , et je n’ai pas cru , pour une vingtaine de vers , devoir me brouiller avec le premier capitaine de notre siècle. Au reste, je suis bien aise d’avertir le lecteur qu’il y a quantité de pièces impertinentes qu’on s’efforce de faire courir sous mon nom , et entre autres une satire contre les maltôtes ecclésiastiques. Je ne crains pas que les habiles gens m’attribuent toutes ces pièces , parce que mon style , bon ou mauvais , est aisé à reconnoître ; mais comme le nombre des sots est grand , et qu’ils pourroient aisément s’y méprendre, il est bon de leur faire savoir que , hors tes onze pièces qui sont dans ce livre , il n’y a rien de moi entre les mains du public ni imprimé , ni en manuscrit.
ÉPITRE I
AU ROI