‹ Œuvres complètes de Bordeu, précédées d'une notice sur sa vie et sur ses ouvrages. Tome premierChapitre 63 sur 75 · TROISIÈME FAIT · texte numérisé non relu

TROISIÈME FAIT

Toutes les parties de l’embrion paroissent être des portions de pâte , de pulpe ou de bave dans lesquelles il est impossible de distinguer des vaisseaux ; la structure organique se développe avec l’âge , plus tôt ou plus tard , suivant l’usage des parties : les glandes sont celles dans lesquelles ce développement se fait le plus lentement ; elles restent long-temps molasses et paroissent sans ressort.

Tout le monde convient de la vérité de cette observation • les malpighiens et les ruischiens y trouvent leur compte ; ceux qui auroient une autre opinion sur la structure des parties seroient tout aussi peu embarrassés : il y a des moyens de retourner les observations suivant le système qu’on embrasse.

Il *paroît qu’en donnant à celui de Malpighi et de Kuisch l’étendue qui leur convient, et en les mariant, si l’on veut, l’un avec l’autre , on peut encore aller plus loin , et prendre chaque partie de l’embrion sur le pied d’une portion de substance pâteuse qui se change ensuite en tissu cellulaire , et qui soutient les vaisseaux ou les vésicules qui germent dans, son intérieur.

Ce ne sera ici, s’il le faut, qu’une façon d’énoncer ce que l’on aperçoit au prèmier coup d’œil ; qu’un petit corps qui doit être muscle, ou glande un jour, soit dans l’embrion un morceau de pâte nourricière ou de substance muqueuse , comme nous le pensons.; une espèce de matrice propre à donner aux nerfs et aux vaisseaux la tournure qui leur convient ; une portion de tissu cellulaire , ou bien enfin une grape de vésicules, ou un peloton de vaisseaux et de houpes nerveuses , peu importe pour ce que nous examinons : encore une fois , chacun pourra s’en tenir à l’opinion qui lui paroîtra la plus vraisemblable.

Il est toujours évident que le mouvement est très-lent dans un çorps aussi peu élastique que les rudimens de la glande, s’il est permis de s’exprimer ainsi ; celle-ci même formée , reste mollasse , pulpeuse , et sujette aux effets des mouvenaens spontanés que lés humeurs peuvent prendre d’elles-mêmes dans sa cavité; la circulation s’y fait avec plus de lenteur que partout ailleurs; les liqueurs y sont sans action , elles y paroissent presque passives , et elles ont besoin d’être excitées ou dégourdies.

On convient avec les mécaniciens , que lés vibrations et les oscillations des solides entrent pour beaucoup dans le mouvement , qui fait l’accroissement des glandes et leur nutrition ; mais on ne peut s’empêcher de penser avec les chimistes , que les humeurs

elles-mêmes ont une sorte de mouvement intestin par lequel elles deviennent plus égales, plus liantes et plus actives. Ce mouvement se réduit vraisemblablement à un mélange des parties entre elles et avec les sucs que les vaisseaux sanguins apportent j ces unions vivifient les humeurs.

Toutes les parties , et notamment les glandes , sont donc dans les jeunes sujets beaucoup moins élastiques que dans les adultes j on peut même conclure de ce que nous venons d’exposer, que l’action des glandes est moindre dans les enfans par rapport à toutes les autres parties que dans les adultes : en effet, il ne peut y avoir presque aucun rapport entre l’action des parties organiques déjà formées dans l’enfant et celle des glandes , qui ne sont qu’une espèce de p&te qui n’a presque aucun ressort j les glandes des adultes ont leur action particulière , qui contrebalance à certains égards celle des autres, organes : ces glandes résistent par leur ressort ; celles des jeunes sujets n’en ont point, et ne résistent que par leur mollesse : allons plus loin encore.

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