‹ Œuvres complètes de Bordeu, précédées d'une notice sur sa vie et sur ses ouvrages. Tome premierChapitre 67 sur 75 · HUITIÈME FAIT · texte numérisé non relu

HUITIÈME FAIT

Il y a des écrouelleux d’un âge déjà avancé , et qui sont évidemment bilieux ; ils sont maigres , jaunes , noirâtres , et enfin on trouve apres leur mort leur foie d’un brun noirâtre, et la vésicule du fiel pleine d’une bile extrêmement jaune , épaisse et abondante) comment imaginer que l’acide domine dans de pareils tempéramens?

L’observation est Vraie , mais elle ne conclut rien contre nous : ceux qui examineront les choses de près verront que ces gens qui paroissent bilieux ont en effet des humeurs disposées à divers acides : il y en a dont la bile est fort âcre ; mais leurs sucs lymphatiques sont glaireux et acescens.

On diroit que les deux acrimonies existent dans ces tempéramens j ceci est plus conforme à l’observation que ce que l’on apprend dans les auteurs classiques : comment concevoir que l’acide et l’alkali dominent dans le même sujet?

Ce qu’il y a de positif, c’est qu’on trouve tous les jours des gens qui vomissent des matières aigres et acides , et puis des sucs bilieux fort amers , fort âcres; il semble que ceux-ci sont si tenaces, qu’ils ne peuvent pas se mêler avec les premiers ; et comme ils ne se mêlent point , chacun prend la tournure qui lui est naturelle ; les sucs glaireux deviennent acides.

En un mot, tout concourt à prouver qüè les humeurs ont beaucoup de penchant à devenir acides , et qu’elles le sont même déjà dans les écrouelleux : examinons cette vérité plus particulièrement; tâchons de découvrir la disposition que les humeurs et les solides prennent.

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