‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 104 sur 631 · Cor.. XI. 19. — 2. Luc , n · texte numérisé non relu

Cor.. XI. 19. — 2. Luc , n

Vous répondez : « On a tout, quand on a la vé- » rite : le salut est infaillible à ceux qui la possè- » dent; mais on n'a rien avec l'ancienneté, la suc- » cession et l'étendue , lorsque la vérité manque : » il faut donc chercher l'une et se mettre peu en » peine de l'autre'. » Vous ne songez pas que Jésus-Christ a voulu mettre expressément la vérité à couvert par l'assistance qu'il promet à la succession; de sorte que quand vous dites : Il faut chercher l'une , et se mettre peu en peine de l'autre , c'est de même que si vous disiez, il faut chercher la fin, et se mettre peu en peine des moyens donnés de Dieu pour y parvenir.

Mais, dites- vous'-, ce remède est faible; l'autorité ne remédie point aux erreurs : il y a eu des divisions, dès le temps des apôtres : « Si leur au- » torité échoua dès le premier schisme , que fera » celle des papes et des évêques? Arius, malgré le » concile qui lui dénonça un anathème éternel , » grossit son parti : » il en est de même des autres; comme qui dirait : La sévérité des lois n'empêche pas qu'il n'y ait des vols et des massacres , donc ce remède est peu eQicace. Que ferez-vous donc? Abandonnez tout; et parce qu'il y a des esprits superbes et contentieux , qui résistent à tous les remèdes , cessez de les proposer aux simples et aux droits de cœur.

Mais, poursuit-on', les apôtres n'avaient donc qu'à aller par toute la terre y faire lire dans le Symbole l'article de l'Eglise catholique, dont le nom même ne se trouve pas da7is les écrits sacrés , et ils se sont tourmentés en vain à rechercher les prophéties ; comme si chaque chose n'avait pas son temps , ou qu'il n'eût pas fallu établir l'Eglise catholique avant que d'en employer l'autorité.

C'est en vain qu'on tâche de l'afTaiblir, en disant que le nom ne s'en troure pas dans les écrits sacrés. Quoi qu'il en soit, il est gravé dans le cœur de tous les chrétiens , et les protestants eux-mêmes n'ont pu s'empêcher de professer, comme nous , la foi de l'Eglise catholique avant toute discussion et tout examen.

On trouve de l'ostentation dans les « évoques et » dans les curés, qui se voient les maîtres uniques » de la religion, qui , dit-on'*, s'élèvent fort au-des- » sus du reste des hommes, et qui veulent qu'on >> les écoute comme autant d'apôtres infaillibles , » dès le moment qu'ils portent le litre de pasteurs. » Il est vrai , il y aurait là une ostentation énorme ; mais, par malheur pour les protestants, elle n'est que dans leurs discours. Les évêques ne se croient maîtres ni auteurs de rien : toute leur gloire est d'enseigner ce qu'ils ont reçu de ceux qui les précédaient : on n'a jamais besoin d'aller bien loin pour trouver le novateur; c'est un fait toujours constant : nous avons dit plusieurs fois' que dans l'Eglise catholique, nul ne se montre soi-même en particulier, ni ne veut donner son nom à son troupeau : tous montrent l'Eglise et les promesses qu'elle a reçues en corps; ce n'est pas présumer de soi, ni s'attirer une gloire vaine, que de mettre sa confiance aux promesses de Jésus-Christ ; et il est visible, par le discours du ministre, qu'il n'a pu

1. T. II, p. 512. — 2. T. II, p. 734.735,736,738. — 3. P. etc. — 4. r. II, }), 557. — 5. Ci-dessus, ii. 127.

rsi.

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RÉFUTATION DU CATÉCHISME

nous imputer de l'ostentation qu'en alléranl tous nos sentiments.

Si l'on était demeuré dans cette règle : si tout le monde avait noté ceux qui sont sortis de la ligne de la succession, il faut avouer qu'il n'y aurait ou ni

schisme ni liérésic, dont la source de tout le mal sera éternellement qu'il y a eu cl qu'il y aura des esprits superbes, qui veulent se faire un nom , qui adorent les inventions de leur esprit , et se séparent eux-mêmes.

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