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SUR LES PROMESSES DE JÉSUS-CHRIST A SON ÉGLISE
jalousie de Dieu et de Jésus-Christ; mais de le rendre jaloux de ses ouvrages, connus comme tels, qui sont ses saints , ou de lui-même dans l'Eucharistie , ou des choses que l'on ne conserve dans les églises que pour exciter le souvenir de ses mystères et de ses grâces, et les porter jusqu'aux yeux les plus ignorants , c'est une délicatesse indigne de sa bonté et de sa grandeur.
C'est du cœur qu'il est jaloux, et pour ne le point irriter, on ne doit non plus partager son culte que son amour. Mais quoi ! n'enseignons-nous pas que le vrai culte de Dieu est de l'aimer de tout son cœur et plus que soi-même, et son prochain comme soimême pour l'amour de lui? Quelle partie de ces deux préceptes laissons-nous ignorera nos peuples, et ne leur apprenons-nous pas en même temps que tout ce qu'ils font pour accomplir ces deux préceptes , autant qu'il se peut en cette vie infirme et mortelle , est donné d'en-haut par une pure miséricorde, à cause de Jésus-Christ; en sorte qu'il n'y a point de mérite qui ne soit un don spécial de Dieu, et qu'en couronnant nos bonnes œuvres, il ne couronne que ses propres libéralités? Où est donc l'ignorance qu'on nous reproche d'affecter ou d'introduire? Avouez qu'on ne sait où la trouver, et que les ministres ne peuvent ici nous l'objecter, qu'en supposant sans raison tout ce qu'il leur plait.
Il n'est ni nécessaire ni possible d'entrer maintenant dans un plus grand détail. On n'a pas besoin de boire toute l'eau de la mer, pour savoir qu'elle est amère, ni de rapporter au long toutes les calomnies qu'on nous fait, pour faire sentir toute l'amertume qu'on a contre nous.
Conclusion et abrégé de tout ce discom-s.
CXXXI. J'ose donc vous conjurer encore une fois, de lire cette Instruction et l'Instruction précédente. Vous y trouverez la voie du salut et le repos de vos âmes dans les promesses de Jésus-Christ et de l'Evangile. Elles n'ont aucun embarras : tout y est clair, ou par les textes exprès de l'Ecriture, ou par la seule exposition de notre doctrine , ou par l'aveu du ministre qui a voulu me combattre.
Puisqu'il est écrit que, pour éprouver la foi des chrétiens, il faut qu'il y ait des hérésies' , puisque, dès que Jésus-Christ a paru dans le monde, il a été dit de lui qu'il était mis pour être en butte aux contradictions'-, et que l'homme, ingénieux contre soimême, devait épuiser la subtilité de son esprit à pervertir en toutes manières les voies droites du Seigneur, avouez qu'il était de sa sagesse comme de sa puissance de préparer un remède aisé, par lequel, sans dispute et sans embarras, tout esprit droit put connaître les schismes futurs. Le voilà dans la promesse de l'Evangile qui exclut toute interruption dans la succession apostolique et dans l'extérieur de son Eglise. Par là l'intérieur est à couvert; puisque la prédication toujours véritable , et qui jusqu'à la fin des siècles ne cessera de passer de main en main et de bouche en bouche, aura toujours son effet au dehors par l'assistance de Jésus-Christ toujours présente. Voilà un caractère certain qui, jusqu'à la lin du monde notera les contredisants et les hérétiques.