CHAPITRE V
Continuation de la même matière. Explication du sentiment du ministre, qui déelare que l'invocation des saints n'empêche pas notre salut.
C'est encore celte union si célèbre avec les sectateurs de Luther qui pousse le ministre si loin, que bien qu'il enseigne dans son Catéchisme que c'est une erreur de prier les saints, il ne peut croire qu'elle soit plus pernicieuse que la créance des Eglises luthériennes touchant cette incompréhensible réalité du corps du Sauveur dans le pain de l'Eucharistie. C'est pourquoi il enseigne à ses auditeurs, sans aucune ambiguilé , que celle prière n'enferme pas une erreur damnable; et il importe pour mon dessein que le lecteur pénètre bien sa pensée.
Il faut rappeler ici la mémoire des choses que nous avons déjà remarquées, et considérer que le catéchiste ayant représenlé bien au long la manière d'exhorter les malades, pratiquée au diocèse de Metz par les pasteurs catholiques de celte Eglise, déclare qu'il ne doute poiiil du salut de tous ceux qui mouraient en la foi qui leur y était proposée, parce qu'on les adressait au Sauveur comme à leur unique espérance. Toutefois voici ce qu'il dit qui mérite d'être observé sérieusement : « Vrai est que » le curé y entremêlait quelque chose de l'invoca- » tion de la Vierge et du bon ange du malade, et » du saint auquel il pouvait avoir une affection par- » ticulière^. » Ce sont les paroles du catéchiste, dont les personnes judicieuses reconnaîtront aisément l'artiffce; car il ne récite pas le passage entier, comme il avait fait tout le reste qu'il tâche de tirer à son avantage; il passe cet endroit fort légèrement, on xj entremêlait , dit-il, quelque chose et un petit mot. Mais faisons paraître la vérité, et découvrons ce que c'est que ce petit mot, et ce que veut dire ce quelque chose. Le curé parlait ainsi au malade^ : « Ayez en votre ctour mémoire de la croix » et des plaies de Jésus-Christ, en invoquant à votre » aide la glorieuse Vierge Marie , mère de miséri- » corde et refuge des pauvres pécheurs, pareille- » ment votre bon ange et les saints et saintes » auxquels vous avez eu singulière et spéciale dé- » votion. » Quant à ce petit mot, par lequel on invoquait la très-sainte Vierge, il était ainsi énoncé :
■ 2. Pay. 102 — 3. ..\gende de Metz, do