SECTION SECONDE
Où IL EST PROUVÉ , CONTRE LES SUPPOSITIONS DU MI- NISTRE , QUE LA FOI DU CONCILE DE TRENTE , TOU- CHANT LA JUSTIFICATION ET LE MÉRITE DES BONNES OEUVRES , NOUS A ÉTÉ ENSEIGNÉE PAR l'ANCIENNE
Eglise , et qu'elle établit trés-solidement la
CONFIANCE DU FIDÈLE EN JÉSUS-GhRIST SEUL.
Le plus insupportable reproche que le ministre fasse à l'Eglise, c'est qu'il dit que la session sixième
DU SIEUR PAUL FERRY
du sacré concile de Trente établit une doctrine nouvelle touchant la justiflcation et les bonnes œuvres, qui renverse cette bienheureuse espérance que le chrétien doit avoir en Jésus-Christ seul. Or, encore que cette calomnie si visible ait été suffisamment réfutée; toutefois, pour n'oublier rien qui puisse éclaircir les errants, proposons un peu plus au long la foi de l'Eglise et du saint concile de Trente; faisons voir son antiquité vénérable, et prouvons, par des raisons invincibles, qu'elle ne tend qu'à glorifier le Père céleste par son Fils bien-airaé notre Rédempteur.
Dans l'explication de notre créance , je la rapporterai simplement comme elle est dans le concile de Trente ; parce que c'est ce concile que l'on accuse , et parce que nul ne pourra douter que nous ne tenions pour certain tout ce qu'il prononce.
Afin que notre dispute soit nette , je proposerai avant toutes choses les principes dont nous convenons; et quand nous serons venus au point contesté, après avoir dit quelle est notre foi , sans m'embarrasser de questions inutiles, j'en déduirai les vrais fondements autant qu'il sera nécessaire pour la fin que je me suis proposée, qui est de montrer simplement, que bien loin d'avoir détruit, comme on nous l'impose, cette salutaire conOance au Libérateur, nous l'avons trés-solidement établie. Commençons à poser les principes, desquels, par la grâce de Dieu, nous sommes d'accord.