I. Joan., II
REFUTATION DU CATKCllTSME
ello-môme qui est le fondement de la vie nouvelle; après, le proj,'rés de celle vie dans l'homme justilié; ctenliu son couronnement dans la vie future.
Si nous nionlrons clairement qu'en ces trois élals la dociriiie catholiiiue ne diminue point le mérite du nuVlialeur de Jésus-Glirist , au contraire, qu'elle le mel dans un plus grand jour; la calomnie de notre adversaire sera évidennnent réfutée. Parlons de la juslilication en elle-même.
Je ne vois que trois questions importantes touchant la juslilication du pécheur. Premièrement , pour quel motif Dieu nous justifie; secondement, ce que c'est, et en quoi elle consiste; et enfin , par quel acte de nos volontés cette grâce de la justification nous est appliquée. Sur quoi il est digne d'observation que dans le point principal, qui est le premier, nos adversaires eux-mêmes ne dénieront pas que notre doctrine ne soit irrépréhensible.
Ce qui est le plus important en cette matière pour relever la grâce de Jésus-Christ, c'est de poser que le Père éternel ne nous pardonne nos prêches qu'à cause de lui ; et c'est ce que nous confessons de tout notre cœur. Certes, nous croyons qu'il nous justifie , non parce que nous lui étions agréables, mais afin que nous lui soyons agréables : sa gr;\ce ne rencontre en nous que des crimes, parce qu'elle vient cll'acer les crimes : ce n'est pas nous qui le choisissons , mais il nous choisit : nous ne l'aimons pas les premiers, c'est lui qui commence : et jamais nous ne le chercherions par la foi, s'il ne nous cherchait premièrement par miséricorde. Sa bonté nous trouvant criminels, elle nous aurait en horreur, si elle nous regardait en nous-mêmes; de sorte que, pour se pouvoir approcher de nous , il faut qu'elle nous regarde en Jésus-Christ seul.
C'est pourquoi le concile de Trente représentant les pécheurs elTrayés par les justes jugements de Dieu , veut que le premier sentiment qui naisse en leurs âmes, soit la confiance au Libérateur. « Lors, » dit-il', que sentant qu'ils sont criminels, de la » crainte de la justice divine dont ils sont utilement » ébranlés, ils se retournent à la divine miséricorde, » et relèvent leur esjjérance abattue , se fiant que » Dieu leur sera propice à cause de Jésus-Christ. » Est-ce là nier cette confiance au Sauveur, ou n'estce pas plutôt la poser comme le fondement immobile de notre justification?
Et ce saint concile, pour nous apprendre que toute l'espérance de pardon est en Jésus-Christ, définit expressément : « qu'il faut croire que les pé- » chôs ne se remettent jamais, et n'ont jamais été )) remis que par la miséricorde divine gratuitement » A CAUSE DE Jésus-Christ-. » El rapportant les causes de la justification du pécheur : « La cause elïi- » ciente, dit-iP, c'est Dieu miséricordieux qui nous » lave gratuitement et nous sanctifie. La cause mé- » riloire, c'est son très-cher Fils Jésus-Glirist Notre
1. Dum peccatores se esse intelligentes, à divinœ justilice timoré quo utiliter concutiuntur, ad consid'^randam Dei misericordiam se Cûnvertendo in spt-m eriguntur, /identes Deutn siôi propt':r Christum propitium fore. Concil. Trid., Sess. vi, cap, 6,
2. Quamvis autem neC'-ss'iriutn sit cvfdere , wrjue remitti, 7leque remissa unqnrtm fuisse peccata nisi gratis divinâ misericordiâ profiter Christum. Idem, cap. 9.
3. Kljîciens , misericors Deus , qui gratuite ahluit et sanctifient;... mcritoria autem, ditectissimus U7iigenitus suus , Dominus noster Jésus Christus , qui ciim essetnus inimici , propter nimiayn chnritat'-m quâ dilexit nos,. , . nobis Justificationem meruit , et pro nohis Deo Palri satisfecit. Ibid., cap. 7.
I) Seigneur, qui lorsque nous étions ennemis , à « cause de la charilé infinie par laqu(!lle il nous a » aimés, nous a mérité la juslilication, et a satisfait » pour nous à son Père par sa très-sainle passion » au bois de la croix. » Et encore en lermes plus nets : « Nous sommes dits justifiés gratuitenient , » parce qu'aucune des choses qui précèdent la jus- » tification, soit la foi, soit les œuvres, ne peut mé- » rilcr cette grâce ' . » Que reste-t-il donc au pécheur, sinon de s'appuyer sur le Juste? Que reste-t-il à celui qui est délivré, sinon de glorifier le Libérateur? Voilà celle session sixième , qui, selon le sentiment du ministre, détruit la pieuse confiance qu'avaient nos ancêtres au seul mérite du Fils de Dieu. Est-il une calomnie plus visible?