‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 130 sur 631 · Cap. 32. — 2. Bouclier de Secl · texte numérisé non relu

Cap. 32. — 2. Bouclier de Secl

la foi, Sect. 43. — 3. Idem,

rences notables. Prenons donc un autre principe , et disons qu'il n'est pas nouveau dans les Ecritures, que diverses façons de parler, prises originairement des choses humaines, soient élevées à un sens plus auguste lorsqu'on les applique aux divines. Vos noms, dit le Sauveur', sont écrits au ciel : c'est une similitude tirée de la coutume ancienne d'écrire dans les rôles publics ceux à qui on donnait le droit de bourgeoisie. Mais ces noms et cette écriture appliquée aux mystères divins, passe à une signification bien plus éminente, et désigne l'ordre immuable des décrets de Dieu, par lesquels il nous donne droit dans la sainte cité de Jérusalem. Toute l'Ecriture est pleine de pareils exemples. Nous lisons au livre des Psaumes : Dieu a dit , et les choses ont été faites; il a commandé, et elles ont été créées-. Il serait ridicule de s'imaginer que Dieu commande premièrement, et après, que ses ordres soient exécutés, comme il se pratique parmi les hommes. Le commandement signifie ici l'action même toutepuissante, par laquelle il exécute tout ce qu'il lui plait dans le ciel et dans la terre. Ne puis-je pas raisonner de la même sorte de la justification du pécheur, et dire que le Père éternel , apaisé par la mort de son Fils unique, prononce comme il appartient à un Dieu, comme celui dont la seule parole met tout l'effet par sa vertu propre ? Tellement que l'homme prononce en déclarant juste celui qui a été accusé; et Dieu prononce en le faisant juste. Certes, cette manière de justifier est d'autant plus digne de Dieu, qu'elle n'appartient qu'à lui seul , parce que c'est une œuvre de toute-puissance.

De là, il est aisé de connaître d'où vient que le mot de justifier, selon le style du saint apôtre, est opposé à celui de condamner. Ce n'est pas que Dieu nous justifiant, nous délivre seulement de la damnation ; mais c'est qu'en effaçant le mal de la coulpe, il nous exempte du mal de la peine.

Voilà les principaux fondements de la doctrine de nos adversaires, desquels certes la faiblesse est toute visible. Mais après que nous avons découvert l'erreur, proposons la vérité catholique toute pure et toute sincère, telle que le concile de Trente, suivant les traces des anciens docteurs, l'a puisée dans les Ecritures divines, pour célébrer la gloire de Dieu et les infinis mérites du Sauveur des âmes. Rendez-vous attentif, lecteur chrétien, à la théologie la plus sainte et la plus céleste que l'Eglise catholique nous ait enseignée. C'est ici que nous apprendrons à honorer la dignité du sang précieux , qui nous a réconcilies.

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